ACTE I, SCENE VI
Ses habits cle deuil vous tronipent : ce n'est point une veuve 5 e^st unejeunefille dans toute la candeur de son age , dans toute la fleur de Pinnocence et de la beaute. Une veuve ! je serais jaloux du passe... Mais pourquoi done me parlez-vous d'elle ?
Cest vous , sire , qui le premier...
N'avez-vous aucune affaire , aucune nouvelle qui puisse s'emparer de ma pensee ?
GOMES
Une seule, elie concerne la f'oi.
La foi ! parlez, parlez.
GOMES
On m'ecrit que , dans une des vallees du Piemont , plusieurs de vos sujets sont soupconnes d^eresie. Yoici ma reponse.
Philippe 11, lisant.
C'est trop long. Point de proces , en matierc de religion, on ne juge pas, on i'rappe. Trop long ! vous dis-je ; ecrivez.
(■O.MES
Diclez . sire.
PHILIPPE Tl.
Trois mots : « Tous au gibet. »
GOMES
Votre Majeste epargne le travail a son secretaire.
Un pretre , pour les assister a Particle de la mort sMls veulent se repentir 5 s'ils veulent discuter, le bourreau.
GOMES
On a bien raison de dire que Philippe II est le plus ferme appui de la foi catholique.
Le ciel me devrait une recompense. Mais qui sait , Gomes , si tu ne seras pas pour moi 1'instrument de sa misericorde? ne m'as-tu pas dit que mon supplice finirait ici? n'as-tu pas des renseignemens surs? ne crois-tu pas qu'elle habite Tolede? est-ce vrai ou faux ?
GOMES
Je le crois toujours , et cette nuit , quelques gens a moi ont du faire des recherches pour decouvrir sa demeure.
Puisses-tu reussir. Gomes . et ma reconnais-