PHILIPPE II, DON RUY GOMES
Ma rage si long-temps comprimee peut done enfin se donner carriere!... Eh bien! Gomds , e'est par toi que je Tai connue , e'est toi qui m'as ramene dans ce lieu oii tout n'est qu'idolatrie et profanation. Quand je t'ordonnai d'eveiller sur cette femme les soupcons du saintoffice pour l'effrayer, e'etaitun instinct religieux qui my poussait a mon insu : unejuive!... elle m'a dit : je suis une juive ! et elle a mieux aime mourir pour 1'avoir dit, que se douner a moi en me le cachant.
349 DON JUAN DWUTRICHE.
GOMES
Ne peut-elle pas vous avoir trompe . Sire . afin d'echapper a vos poursuites?
Je Tai pense ; je voudrais le croire encore; on plutot je voudrais ne rien savoir. Que dis-je ? ce voeu meme est un sacrilege ; mais je Taime . depuis qivil y a un abime entre nous deux, je l'aime de tout le desespoir que je sens de ne pouvoir la posseder. Pour comble de honte . il m'a insulte devant elle.
GOMES
3Iais du moins ce crime justifie d'avance un arret que vous ne pouviez pas prononcer sans motif.
II a leve sur moi cette epee... que vois-je ? regarde . Gomes : je ne me trompe pas; mes ordres sont arrives trop tard pour Tempecher de parler a Charles-Quint.
GOME-,.
Et c'est don Quexada qui a tout conduit.
Le traitre ! s'il retombe dans mes mains!... Qu'on le cherche ; qu'on Tarrete ; que son chatiment soit terrible !