‹ Don Juan d'Autriche, ou, La vocationChapitre 161 sur 182 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Oh! vous voulez me pousser a tuer ce jeune

homme.

GOMES

Moi , Sire !

PHILIPPE a.

Et vous avez raison 5 et vous etes mon ami , en le voulant. Je n7y suis que trop porte ; mais il y a en moi je ne sais quel mouvement de nature qui se revolte pour lui ; je ne sais quel respect humain qui m'arrete. Si mon pere lui a tout dit, c'est qu'il le prend sous sa protection.

GOMES

Rien ne le prouve.

PHILIPPE lib

Son digne precepteur eclairera mes doules sur ce point. Qui m'a trompe peut vouloir me tromper encore ; mais cette fois, je saurai lui faire une necessite de-la franchise. Le grand inquisiteur est-il arrive ?

GOMES

II attend, avec son cortege et tous les grands d^spagne , que Votre Majeste veuille bien le recevoir.

Et vous avez commande qu'il ne fut introduit

que quand don Quexada sera present ? J'ai mes raisons pour qu'il en soit ainsi.

GOMES

Vous avez toujours regarde la peur comme un des meilleurs moyens d'action sur les hommes.

Comme Ie meilleur : les titres s'avilissent , quand on les prodigue ; l'argent s'epuise ; la peur ne s\ise pas et ne coute rien.

GOMES

Voici don Quexada.

Ecrivez a la jeune reine en mon nom, ee qu'il vous plaira; je signerai sans lire.

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