SCENE V
PHILIPPE II, seul.
Un prince de mon nom , de mon sang , un autre moi-meme a ma cour ou dans mes armees ! Jamais. J'ai assez d1un fils , c'est trop d'un frere. II faut qu'il meure ou qu'il obeisse ( Marchant avec agitation. ) Et quand il se soumettrait, ne retrouverais-je pas toujonrs, sous sa robe sacree; l'insolent devant lequelj'ai recule ? Ne
verrais-je pas, jusque dans sa crosse (Teveque, Tepee nue qu'il a levee sur moi ? Point de grace ! qu'il obeisse ou non , il faut quMl meure. ( S'arretant. ) Maismon pere !... Je me revoke en vain contre un ascendant que je ne saurais secouer; il me domine : sa royaute, toute morte qu'elle est, impose alamienne. Je le traite de fantome , mais s^l m'apparaissait tout a coup, aurais-je la force de lui dire : « J'ai tue votre fils !... « II me semble que ces mots meurent deja sur mes levres, comme s'il etait la, comme si son regard d'aigle me faisait rentrer dans la poudre. I/Europe encore pleine de sa gloire, il lui suffirait d'un cri pour la remplir de ma honte. ( Apresun moment de silence. ) Tuer son fils !... tuer son fils! jenepuis; (Tombant assis.)'je n'ose pas. ?«Iais il obeira 5 et comment l'y decider? line seule personne en aura le pouvoir , et sMl resiste , si la tentation devient trop forte , c'est que Dieu voudra que j'y cede, etj'y cederai... Les voici.