ACTE I, SCENE X
mens desirables sur mes principes. Pajouterai que vous voila plus avant que moi dans mes affaires personnelles : ear vous savez qui je suis , et je ne le sais pas ; veuillez done m'instruire , afin que je me eonnaisse aussi parfaitement que vous me connaissez vous-meme.
Votre pere , qui m'a revetu de son autorite sur vous , a mis a la revelation de ce secret des conditions...
Que je devine , et que je vous dispense de m'expliquer; mais mon pere n'etait pas un despote.
Qu'en savez-vous?
Etrange maniere de me le faire aimer !
Peut-etre avait-il le droit de Telre.
DON JOAN
Le roi ne Ta pas lui-meme. Si mon pere vivait encore , lui , dont on invoque Pautorite pour en abuser . il rougirait de la pousser jusqu'a la tyrannic
Philippe II.
On vous a (lit qu'il ne vivait plus ?
DON TO AN
Pour mon malheur ; mais. lui mort . je ut dois a qui que ce soit le sacrifice cle mes penchans et de ma dignite.
Cependant. je vous dirai qu'il depend de vous d'etre quelque chose dans le monde , ou de Tester un homme de rien.
Et je vous repondrai qu'on ne reste pas un homme de rien quand on est un homme decceur. La plus haute naissance ne vaut pas leprixdont il faudrait acheter la mienne. De quoi s'agit-il ? d'un heritage qu'on me refuse? je m'en passerai ; d'un nom qu'on veut me vendre trop cher? avec mon sang je saurai m'en faire un a meilleur marche. Maintenant parlez. si bon voussemble. Ne le voulez-vous pas?libre a vous; mais brisons la , (en se levant) et adieu . comte de Santa- Fiore; l'homme de rien n'a pas besoin de vous pour devenir quelque chose.
philippe n , en souriant.
Assevez-vous a votre tour, et causons sans