ACTE I, SCENE X
nous facher. Vous avez done un penchant invincible pour les armes ?
DON JCAN.
Invincible , je suis Castillan 5 e'est tout dire. Accusez-moi d'ambition, vous lepouvez; je conviens quej'en ai. Riez de mon orgueil,je vous le permets ; car , malgre mon neant , il me semble que je suis plutot ne pour commander que pour obeir. Je ne n^en ferai pas moins soldat; mais vous etes puissant, etsi, avec son autorite , mon pere vous avait transmis un pen de sa tendresse pour moi , je ne serais pas soldat long-temps.
II est vrai que je pourrais vous pousser dans cette carriere.
don jc'an, avec effusion.
Faites-le done, et j1en serai reconnaissant toute ma vie.
Je ne m'engage pas ; cependant je ne dis pas
C'est quelque chose. Votreseverite met enlre nous dix bonnes annees j mais si je suis dans
58 DOxN JUAN D'AUTRICHE.
Page cm on fait des folies, vous etes encore dans eelui ou on les pardonne ; (rapprochant son fauteuil de celui du Roi) et j'etais sur que deux jeunes gens finiraient par s'entendre.
Mais ai-je recu toutes vos confidences de jeune homme? Pamour de la liberte est-il bien veritablement le seul amour qui vous eloigne du cloitre? Je vous le demande en ami.
Avant de repondre a cette question tres amicale, j'en aurais deux qui ne le sont pas moins a vous adresser.
PHILIPPE n.
Lesquelles?
Avez-vous jamais aime , comte de Santa- Fiore ?
Mais... oui.
Aimez-vous encore?
Eh bien! je Pavoue , j'aime encore . el pculetre plus que je ne voudrais.