ACTE II, SCENE III
C'est 1'un de mes temoins, et le plus important. II est tout-puissant aupres du roi , et le secret de ma naissance qu'il peut me reveler , son appui qui m'est promis, je vous devrai tout cela.
DONA FLORINDE
A moi?
Que vous en coiitera-t-il?rien : il ne faut que lui plaire.
DONA FLORINDE
Mais vous m'effrayez.
DOROTUEE.
Un ami du roi! bonte divine! c'est un
devot.
Comme on Pest a la cour i d'une devotion qui se laisse f'aire. D'ailleurs, je vous dirai, entre nous, qu'il aune passion dans le coeur.
DONA FLORINDE
Voila qui me rassure.
Recevez-le bien, chere dona Florinde, ct mon avenir est assure 5 soyez toule gracieuse
avec lui, soyez vous-meme, et je ne crains rien pour moi; je n'ai peur que pour sa maitresse.
DOROTHEE.
Vous n'etes guerejaloux, seigneur don Juan. Ce n'est pas mon pauvre Daniel qui m'aurait parle ainsi d'un etranger le jour de mon manage.
Ton mari s'appelait Daniel !
DOROTHEE.
Pourquoi pas ? C'est un nom qui en vaut bien un autre.
Comment ! c'est un tres beau nom ; c'est un nom de prophete.
DOROTHEE.
Ne riez pas des prophetes : ils ont annonce plus de verites que bien des chretiens n'en disent dans toute leur vie.
Elle seraitjuive, qu'elle ne parlerait pas autrement.
Et si elle Petait, vous ne la regarderiez plus ?
DON JCAN.
Si elle Tetait, je la ferais bruler vive.