ACTE II, SCENE III
dorothee, effrayee.
Que dites-vous la?
don* juan, aFlorinde.
Pour &tre un moment seul avec vous.
DOROTHEE.
Je vous jure, seigneur don Juan, que voila une plaisanterie qui n'est pas plus du gout de ma mailresse que du mien.
don jcan, a Florinde.
Est-ce que vous vous interessez aux juifs?
DONA FLORINDE
Vousleur voulez done bien du mal?
Pas le moins du monde. Grace au ciel ! je n'ai jamais eu affaire a aucun d'eux ; mais je ne me connais pas un ami qui n'envoie du meilleur de son cceur toute la posterite de Jacob au fond de la mer Rouge.
DONA FLORINDE
Moi, qui crois juger sans prevention, jepense quMl y a dans ce peuple qu'on persecute, autant de vertus que dans ses persecuteurs, et si comme un autre il a quelques defauts...
II s'est bien corrige de celui qui a ruine renfant prodigue.
82 DON JUAN DWUTRICHE.
DOROTHEE.
Continuez , vous etes en beau chemin ; mais je vous dirai a montour que je connais telle fille de leur tribu, qui ne se borne pas, comme bien des grandes dames , a prier en faveur des affliges : elle va de ses propres mains porter secours a leurs miseres ; elle met a profit, pour adoucir leurs maux, les secrets qu'elle a recus de ses peres , et qui valent bien tout la science pretendue des trois medecins du primat d'Espagne.
DON JEAN
Je ne te dis pas le contraire : les rabbins passent pour sorciers, et je sais de reste que les medecins ne le sont pas.
DOROTHEE.
Elle est riche, cette jeune fille...
DONA FLORINDE
Assez, assez, Dorothee.
DOROTHEE.
Et le meilleur de son bien. elle le donne aux pauvres.
DON J LAN
Ce n'est peut-etre qu'une restitution.
Ah! vous etes cruel don Juan.
Nous pouvons nous dire cela entre chretaens,