‹ Don Juan d'Autriche, ou, La vocationChapitre 62 sur 182 · ACTE II , SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE VIII

Vous hesitez !

DONA FLORINDE

Non, je n'hesite pas, jamais ! Moi, m'y resoudre ! mais ce serait me jouer a plaisir du desespoir de don Juan ; mais je le tromperais, maisje mentirais, Sire, et le roi ne pent pas me commander ce que Dieu lui defend a lui-meme.

Vous Paimez done avec une bien aveugle passion?

DONA FLORINDE

De toute la puissance de mon ame, plus que je ne peux le dire, plus que je ne pouvais l'imaginer quand il etait heureux.

Et vous voulez que je l'epargne?

DONA FLORINDE

C'est votre clemence qui le veut ; e'est votre justice. Que lui reprochez-vous , Sire? est-il coupable?

II vous aime, il s'est fait aimer ! . . . ah ! croyezmoi, il a commis le plus grand , le plus impardonnable des crimes, le seul qui n'admette pas

de grace. Un cloitre n'a point assez d'austerites pour Ten punir, les cachots n'ont point assez d'enlraves : tout son sang verse goutte a goutte ne suffirait pas pour Texpier.

DONA FLORINDE

Son sang !... juste ciel ! que dites-vous?

Vous nVavez entendu, vous savez qui je suis et ce que je peux, hesitez-vous encore?... Mais qui ose penetrerici?

DON'A FLORINDE

Sire, vous oubliez que vous etes chez moi.

II est vrai, senora ; un roi se croit partoul dans son palais.

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