ACTE III, SCENE IX
riosite; mais vous m1interessez vivement : je veux vous etre utile , et pour vous servir j'ai besoin de tout savoir. Quelle est-elle, cette personne que vous aimez?quel est son nom?
Florinde de Sandoval.
FRERE ARSENE.
Sandoval? ce n1est pas une famille d'anciens chretiens.
Qu'importe?
FRERE ARSENE.
Beaucoup aux yeux du monde ; mais, comme vous le dites, aux yeux de Dieu, que la foi soit ancienne ou recente , qu'importe ? pourvu quelle soit pure.
Quoi , vous £tes moine et vous parlez ainsi !
Vous etes jeune , et vous croyez deja qu'il n'y a ni indulgence, ni raison sous Thabit que je porte.
Ah ! loin de moi cette idee !
FRERE ARSENE.
Ce Sandoval, il m'a rendu un service qu'il no
154 DON JUAN DWUTRICHE.
m'etait pas permis d'oublier ; et sa fille , je me souviens que je l'ai vue enfant...
Elle devait etre bien jolie ?
FRERE ARSENE.
Oui , charmante ! charmante ! ( Seloignant tie don Juan pour cacher son emotion. ) Que de tendresse dans son regard ! c'etait celui de sa mere... 0 mes beaux jours, ou etes-vous ? don juan, revenant vers lui.
Vous parlez de ma mere ! l'aurlez- vous connue ?
FRERE ARSENE.
Moi !
Vous l'avez connue , ah! nommez-la ; f'aites que je la voie !
Pourquoi supposez-vous que j'aie pu la connaitre ?
Decidement je n^urai jamais de reponse a cette question-la.
FRERE ARSENE.
Cependant votre malheur me touche plus que je ne puis le dire , et c'est un devoir pour