ACTE III, SCENE IX
moi... un devoir religieux de m'opposer a une violence que Dieu condamne. Vous sortirez d'ici.
Est-il possible! de grace aujourd'hui meme.
FRERE ARSENE.
Je Pespere ; mais cette alliance que vous projetez, je ne puis pas vousrepondre qu'elle s'accomplisse jamais.
Que je sois libre seulement, que je sois libre !
FRERE ARSENE.
Vous le serez. J'ai quelque credit dans le monastere ; je veux Pemployer pour vous en ouvrir les portes.
don juan, lui baisant les mains avec transport.
Mon pere !
frere arsene, a part, avec attendrissement.
Son pere!... (Penche sur don Juan qui est a ses genoux et qu'il tient embrasse. ) Jeune homme , je me sentais attire vers vous : c'eut ete le charme de ma solitude que de vous y voir sans cesse , le soulagement de mes maux que de nVen plaiudre a vous. 0 mon fils ! mon fils ! qu'il m'eut ete doux de vieillir entre vos bras, et de reri-
dre ma vie a Dieu sur ce cceur qui m'aurait aime •'
DON JOAN
Ah! je vousen supplie, pas d'arriere-pensee !
FRERE ARSENE.
Ne craigniez rien : je saurai sacrifier mon bonheur au votre.
Et toute une vie de reconnaissance et de respect ne suffira pas pour payer ce service. Je reviendrai vous voir je reviendrai avec elle... frere arsene, en souriant.
Vous oubliez, don Juan, que les femmes ne penetrent pas dans cette maison.
DON JOAN
Pardon ! ( A part. ) Et une juive ! j'avais la une belle idee.
FRERE ARSENE , a part.
11 n'est pas le fils d'une reine , mais je I'aime mieux que son frere.