‹ Don Juan de MañaraChapitre 17 sur 95 · ACTE PREMIKR · texte numérisé non relu

ACTE PREMIKR

DONA DOLORÈS

Le monde m'a déjà tant pris de votre cœur.

Pas cela ! Que je puisse elfacer la rancœur Des jours mauvais que j'ai vécus pour vous rejoindre ! Je marchais dans la nuit, Taurore vient de poindre, Et je veux oublier le mensonge des nuits.

DONA DOLORÈS

Je ne suis pas jalouse, et pourtant, je le suis,

Puisque j'ai de la peine avec un peu d'envie

En songeant qu'on a pu vous embellir la vie,

Que d'autres avant moi... C'est mal. je le sais bien,

Mais, dites, tout est loin, vous ne regrettez rien,

Vous m'aviez réservé ma place dans votre âme,

Dites-le.

DON JUAN, ratliraiit à lui.

Douce voix qui fait aimer le blâme !

DONA DOLORÈS, pressée contre lui.

Tout près, qu'il n'y ait plus une place entre nous Pour personne.

Il faudrait se mettre à deux genoux Et vous aimer comme une idole.

DONA DOLORÈS

Être la vôtre, Don Juan ! Ne changez pas, ne changez plus. Nulle aulre Ne saura vous aimer jamais autant que moi.

Voudrais-je la tromper, celle qui rend la foi?

Vous ne savez donc pas, ma sainte, qui vous êtes, Quel mal on m'avait fait et quel bien vous me faites !

DONA DOLORÈS

Dites, vous qui savez, dis, lequel est meilleur De recevoir ou bien de rendre du bonheur...

Vous êtes la vertu, la paix et la victoire!

DONA DOLORÈS

N'est-ce pas qu'elle est bonne el belle, notre histoire ? Vous cherchiez, j'attendais, nous nous sommes trouvés.

Vous rêviez, je vivais ; je rêve et vous vivez.

DONA DOLORÈS

Nous vivons.

Nous vivrons et nous venons de naître.

DONA DOLORÈS

Par l'amour.

Pour l'amour !

DONA DOLORÈS

Je VOUS aime, ô mon maître, Tant et tant que jamais vous ne saurez combien.

Si, je comprends, je vois, le monde n'est plus rien ! J'ai menti. J'ai peiné. C'est fini. Je commence. La vie est effacée et mon âme est immense. Je t'aime!

Ils s'embrassent. Dofia Luscinde paraît sur le seuil.

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