‹ Don Juan de MañaraChapitre 53 sur 95 · SCÈNE vil DON JUAN, CŒLIA · texte numérisé non relu

SCÈNE vil DON JUAN, CŒLIA

GOELIA, sur le seuil.

Vous y pensez bien tard, don Juan.

DON JUAN, brusque.

Que viens-tu faire?

CŒLIA, souriante.

Ne m'épouvantez pas avec ce front sévère.

Elle descend.

Elle t'envoie ici?

CŒLIA.

J'y viens de mon plein gré.

Reiifardant tour à tour don Juan et la table.

Oh!... Je vois à vos yeux qu'ils ont beaucoup pleuré. Vous prenez de nos maux une peine infinie Et vous avez passé la nuit dans l'insomnie. Excusez-moi... — Je viens vous offrir un cadeau, Deux cadeaux. Un poignard.

Elle prc'sente le poignard.

Le chiffre en est fort beau ; La couronne est superbe et la devise auguste. Ah ! vos aïeux avaient le sentiment du juste : C'étaient de braves gens et que j'eslime fort.

D'où tenez-vous cette arme?

En effet, j'ai grand tort.

Je devrais vous servir sans juger, en servante... L'autre objet, je Tai pris avec quelque épouvante; Car la niorte serrait encor, d'un poing sanglant, Gomme pour le porter à Dieu, ce collet blanc.

Elle lui tend le collet.

La parure est un peu connue, un peu froissée: Je vous la rends. Prenez... Non?

Qui l'a ramassée?

Toi?

CŒLIA.

Monseigneur veut bien tutoyer les vilains?

Par grâce, est-ce elle, ou toi?

CŒLIA.

Monseigneur, je vous plains De vous humilier jusqu'à demander grâce.

Est-cetoi?

CŒLIA.

Mon Dieu, oui, c'est moi qui fais main basse Sur les objets de prix trouvés autour des morts... J'ai voulu vous livrer, et c'était sans remords... J'ai mieux. Vous me tuez; je vous sauve, en échange.

Il reçoit la dague et le collet.

Ne remerciez pas, monseigneur. Je me venge.

Elle lenionle, mais iï la retient d'un" geste.

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