ACTE 1, SCE.NE II
l'espérais; et la manière dont vous le pa raissez me persuade pleinement ce que je refusais de croire. J'admire ma simplicité, et la faiblesse de mon cœur, à douter d'une trahison que tant d'apparences me confirmaient. J'ai été assez bonne, je le confesse» ou plutôt assez sotte, pour me vouloir tromper moi-même, et travailler à démentir mes yeux et mon jugement. J'ai cherché des raisons pour excuser à ma tendresse le relâchement d'amitié qu'elle voyait en vous; et je me suis forgé exprès cent sujets légitimes d'un départ si précipité, pour vous justifier du crime dont ma raison vous accusait. Mes justes soupçons chaque jour avaient beau me parler, j'en rejetais la voix qui vous rerîdait criminel à mes yeux, et j'écoutais avec plaisir mille chimères ridicules, qui vous peignaient innocent à mon cœur ; mais enfin cet abord ne me permet plus de douter, et le coup d'œil qui m'a reçue m'apprend bien plus de choses que je ne voudrais en savoir. Je serais bien aise pourtant d'ouïr de votre bouche les raisons de votre départ. Parlez. Don Juan, je vous prie, et voyons de quel air vous saurez vous justifier/
Madame, voilà Sganarelle qui sait j quoi je suis parti.
SGANARELLE, bûS, à DOtl JuCill.
Moi, monsieur? Je n'en sais rien.
vous plaît.
DO NE ELVIRE
Hé bien! Sganarelle, parlez. Il n'im; de quelle bouche j'entende ses raisons.
don .tuan, faisant - tanareilr
d'approcher.
Allons, parle donc à madame.
SGANARELLE, bu*, à DOTl JiHUi.
Que voulez- vous que je dise?
DONT. ELVIRE
Approchez, puisqu'on le veut ainsi me dit'is un peu les causes d'un départ si prompt-
Tu ae répondras pas ?
SGANARELLE, bas, a Don Juan.
Je nai rien à répondre. Vous vous moquez de votre serviteur.
Veux-tu répondre? te dis-je.
SGANARELLE
M ilaine...
DONK ELVIRE
Quoi?
SGANARELLE, se retournant vers son Maître. Monsieur...
don juan, en le menaçant.
Si...