‹ Don JuanChapitre 11 sur 97 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

SGANARELLE

Madame, les conquérants, Alexandre et les autres mondes sont cause de notre depart. Voilà, monsieur, tout ce que je puis dire.

DONE ELVIRE

Vous plaît-il, Don Juan, nous éclaircir (■s beaux mystères?

Madame, à vous dire la vérité...

DONE ELVIRE

Ah : que vous savez mal vous défendre pour un homme de cour, et qui doit être accoutumé à ces sortes de choses ! J'ai pitié de vous voir la confusion que vous avez. Que ne vous armez-vous le front d'une noble effronterie? Que ne me jurezvous que vous êtes toujours dans les mômes sentiments pour moi, que vous m'aimez toujours avec une ardeur sans égale, et que rien n'est capable de vous détacher de moi que la mort ! <jue ne me dites-vous que des affaires de la dernière conséquence vous ont obligé à partir sans m'en donner avis ; qu'il faut que, malgré vous, vous demeuriez ici quelque temps, et que je n'ai qu'à m'en retourner d'où je viens, assurée que vous suivrez mes pas le plus tôt qu'il vous sera possible; qu'il est certain que vous brûlez de me rejoindre, et qu'éloigné de moi, vous souffrez ce que souffre un corps qui est séparé de son âme? Voilà comme il faut vous défendre, et non pas être interdit comme vous êtes.

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Je vous avoue, madame, que je n'ai point le talent de dissimuler, et que je porte un cœur sincère. Je ne vous dirai point que je suis toujours dans les marnes sentimentpour vous, et que je brûle de vous rejoindre, -puisqu'enfin il est assuré que je ne suis parti que pour vous fuir; non point par le< raisons que vous pouvez vous figurer, mais par un pur motif de conscience, et pour ne croire pas qu'avec vous davantage je puisse vivre sans péché. Il m'est venu des scrupules, madame, et j'ai ouvert les yeux de l'âme sur ce que je faisais. J'ai fait réflexion que, pour vous épouser, je vous ai dérobée à la clôture d'un couvent, que vous avez rompu des Vœux qui engageaient autre part, et que le ciel tri jaloux de ces sortes de chose- irepentir m'a pris, et j'ai craint le courroux céleste. J'ai cru que notre mariage n'était qu'un adultère déguisé, qu'il nous attirerait quelque disgrâce d'en haut, et qu'enfin je devais tâcher de vous oublier, et vous donner moyen de retourner à vos premières chaînes. Voudriez-vous, madame.

vous opposer à une si sainte pens.

que j'allasse, en vous retenant, me mettre le ciel sur les bras? que par...

DONE ELVIRE

lérat: c'est maintenant que je te lis tout entier: et, pour mon malheur.

je te connais lorsqu'il n'en est plus temps, et qu'une telle connaissance ne peut plus me servir qu'à me désespérer ; mais sache que ton crime ne demeurera pas impuni, et que le même ciel dont, tu te joues me saura v*»n<*er île ta perfidie.

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