ACTE If, SCENE II
CHARLOTTE
Charlotte, pour vous servir.
Ah! la belle personne, et que ses yeux sont pénétrants :
CHARLOTTE
Monsieu, vous me rendez toute honfeUSi .
Ah .' n'ayez point de honte d'entendre dire vos vérités. Sganarelle, qu'en dis-tu? Peut-on rien voir de plus agréable ? Tournez- vous un peu, s'il vous plaît. Ah ! que cette taille est jolie ! Haussez un peu la tête, de grâce. Ah ! que ce visage est mignon ! Ouvrez vos yeux entièrement. Ah ! qu'ils sont beaux ! Que je voie un peu vos dents, je vous prie. Ah ! qu'elles sont, amoureuses, et ces lèvres appétissantes : Pour moi, je suis ravi, et je n'ai jamais vu une si charmante personne.
CHARLOTTE
Monsieu. cela vous plaît à dire, et je ne sais pas si c'est pour vous railler de moi.
Moi. me railler de vous. Dieu m'en garde: Je vous aime trop pour cela, et c'est du fond du ccpur que je vous parle
CHARLOTTE
Je vous suis bien obligée, si ça est.
Point du tout, vous ne m'êtes point obligée de tout ce que je dis ; et ce n'est qu'à votre beauté que vous en êtes redevable.
CHARLOTTE
Monsieu, tout ça est trop bian dit pour moi, et je n'ai' pas d'esprit pour vous répondre.
sganarelle, regarde un peu ses mains.
CHARLOTTE
Fi! monsieu! elles sont noires comme je ne sais quoi.
Ah! que dites-vous là? elles son plus belles du monde, souffrez qu les baise, je vous prie.
CHARLOTTE
Monsieu, c'est trop d'honneur que vous me faites; et, si j'avais su ça tantôt, .je n'aurais pas manqué de les laver avec du son.
lié! dites-moi un peu, belle Charlotte, vous n'êtes pas mariée, sans doute ?
CHARLOTTE
Non, monsieu; mais Je dois bientôt l'être avec Piarrot, le fils de la voisine Simonette.