ACTE III. SCENE VI
SGANARELLB
II Vous serait aisé do pacifier toutes eh<
Oui ; mais ma passion est usée pour Done Blvire? et l'engagement ne compatit point avec mon humeur. .l'aime la liberi iînour, tu le sais, et je ne saurais me résoudre à renfermer mon cœur entre quatre murailles. Je te l'ai dit vingt fois, .j'ai une petite naturelle à me laisser aller à tout ce qui m'attire. Mon ca>uir est à toutes les belles; et c'est a elles à le prendre tour à tour, et à le garant tarit qu'elles le pourront. Mais quel est le superbe édifice que je vois entre ^ës arbres ?
Vous ne le savez pas?
DON JL'AN
Non. vraiment.
SGANARELLE
Bon ! c'est le tombeau que le Commandeur • ai sait faire lorsque vous le tuâtes.
Ah ! tu as raison. Je ne savais pas que
fêtait de cecôté-ci qu'ilétait. Toutle monde
m'a dit des merveilles de cet ouvrage,
1 bien que de la Statue du Comman-
et .j'ai envie de l'aller voir !
SGANARELLE
Monsieur, n'allez point là.
moi?
DON Jl'AN
SGANARELLE
Cela n'est pas civil, d'aller voir un homme que vous avez tué.
DOX JUAN
Au contraire, c'est une visite dont je lui veux faire civilité, et qu'il doit recevoir de bonne grâce, s'il est galant homme. Allons, entrons dedans.
(Le 'ombeau s'ouvre, et Von voit la Statue du Commandeur.)
SGANARELLE
Ah î que cela est beau ! Les belles statues: le beau marbre! les beaux piliers i Ah ! que cela est beau ! Qu'en dites- vous, monsieur?
DOX JUAN
Qu'on ne peut voir aller plus loin l'ambition d'un homme mort ; et ce que je trouve admirable, c'est qu'un homme qui s'est passé durant sa vie d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n'en a plus que faire.
SGANARELLE
Voici la Statue du Commandeur.
Parbleu, le voilà bon, avec son habit d'emp romain :
SGANARELLE
Ma foi. monsieur, voilà qui est bien fait. 11 semble qu'il est en vie. et qu'il s'en va parler. Il jette des regards sur nous qui me