‹ Don Juan tenorioChapitre 104 sur 127 · Deuxième partie. — Acte premier. i · texte numérisé non relu

Deuxième partie. — Acte premier. i

CENTELLAS

Partons, et vous nous conterez comment vous êtes revenu à Séville, pour la troisième fois.

Je le ferai. Si mon histoire vous intéresse, et elle mérite, ma foi, d'être entendue, il me paraît encore meilleur que vous l'écoutiez après souper. Ne pensez-vous pas ?...

AVELLANEDA ET CENTELLAS

Comme vous le trouverez bon.

Eh bien ! c'est cela : vous souperez avec moi, et dans ma maison.

CENTELLAS

Mais, dites-moi : ne sacriiiez-vous pas ainsi quelque hôte à notre intention ? Vous n'y gardez pas quelque trésor caché ?

Bon ! Je suis à peine arrivé... Il n'y aura là que vous, cette nuit.

Et pas de femme voilée à qui fournir un cavalier ?

Nous serons tous les trois seuls à souper. — Je dis, si quelqu'un de ceux-là ne désire pas être

i86 Don Juan Tenorio.

également de la partie. (// indique les siaïucs placées sur les sépulcres.)

CENTELLAS

Don Juan, laissez reposer tranquilles ceux qui sont avec Dieu.

Holà ! Il paraît que c'est vous maintenant qui avez peur, et qui faites mauvais visage aux morts? Mais par Dieu, puisque vous vous êtes moqués de moi quand vous m'avez vu ainsi, je vous montrerai, en ce qui dépend de moi, combien vous vous êtes trompés! Non, non, il ne faut pas répondre de moi; et si la chose est possible, soyez assurés que vous souperez avec les morts: je vais les inviter pour vous.

AVELLANEDA

Épargnez-nous ces chimères.

Élever un doute sur ma valeur, quand je suis homme à me faire des plats de leurs crAnes ? Je n'ai peur de rien, moi. — [Il se dirige vers la statue de Don Gon^alo, qui est la plus voisine de lui.') C'est toi qui fus le' plus offensé ; mais, si tu le veux, je t'invite à souper, Commandeur. Que tu ne puisses le faire, je le crois, et c'est ce qui m'afflige; mais, pour ma part, je te ferai mettre un couvert sur la table. El si vraiment tu me

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