‹ Don Juan tenorioChapitre 35 sur 127 · Première partie. — Acte second · texte numérisé non relu

Première partie. — Acte second

nais bien l'excès de sa valeur, que j'ai peur que ses ruses ne me renversent, moi et mon honneur.

PASCUAL

Puisque vous voici délivré, Don Luis, et que tant vous aiguillonne le mal de la jalousie, prévenez par l'astuce son astuce même Que craignezvous de lui?

DON LUIS

Je ne sais; mais j'ai le soupçon que cette nuit lui permettra d'accomplir la chose.

PASCUAL

Vous rêvez.

DON LUIS

Pourquoi ?

N'est-il pas arrêté?

DON LUIS

Oui, certes! mais je l'étais également, et un hidalgo a répondu pour moi.

PASCUAL

Mais qui répondra pour lui ?

DON LUIS

En définitive, je ne trouve qu'un seul moyen de me satisfaire.

PASCUAL

Lequel ?

DON LUIS

C'est, Pascual, que je passe cette nuit dans la maison même.

PASCUAL

Considérez qu'ainsi vous vous jouez de l'honneur de Dona Ana.

DON LUIS

Mais, mille tonnerres ! ne vais-je pas Otrc au matin son mari ?

PASCUAL

Mais, senor, ne vous dis-je pas que je vous suis garant, sur mon existence ?

DON LUIS

Oui, je m'en rapporte à toi pour te dégager d'une attaque ; non, d'une ruse subtile. Et puis enfin, ou je passerai la nuit dans la maison, ou je barrerai la rue, quitte à me faire attraper par une ronde de justice.

PASCUAL

Senor Don Luis, voilà qui dépasse l'entêtement, et c'est un caprice que je vous conseille d'abandonner : vous vous en trouverez bien.

DON LUIS

Je ne l'abandonne pas, Pascual.

Page 1