Première partie. — Acte second
nais bien l'excès de sa valeur, que j'ai peur que ses ruses ne me renversent, moi et mon honneur.
PASCUAL
Puisque vous voici délivré, Don Luis, et que tant vous aiguillonne le mal de la jalousie, prévenez par l'astuce son astuce même Que craignezvous de lui?
DON LUIS
Je ne sais; mais j'ai le soupçon que cette nuit lui permettra d'accomplir la chose.
PASCUAL
Vous rêvez.
DON LUIS
Pourquoi ?
N'est-il pas arrêté?
DON LUIS
Oui, certes! mais je l'étais également, et un hidalgo a répondu pour moi.
PASCUAL
Mais qui répondra pour lui ?
DON LUIS
En définitive, je ne trouve qu'un seul moyen de me satisfaire.
PASCUAL
Lequel ?
DON LUIS
C'est, Pascual, que je passe cette nuit dans la maison même.
PASCUAL
Considérez qu'ainsi vous vous jouez de l'honneur de Dona Ana.
DON LUIS
Mais, mille tonnerres ! ne vais-je pas Otrc au matin son mari ?
PASCUAL
Mais, senor, ne vous dis-je pas que je vous suis garant, sur mon existence ?
DON LUIS
Oui, je m'en rapporte à toi pour te dégager d'une attaque ; non, d'une ruse subtile. Et puis enfin, ou je passerai la nuit dans la maison, ou je barrerai la rue, quitte à me faire attraper par une ronde de justice.
PASCUAL
Senor Don Luis, voilà qui dépasse l'entêtement, et c'est un caprice que je vous conseille d'abandonner : vous vous en trouverez bien.
DON LUIS
Je ne l'abandonne pas, Pascual.