Première partie. — Acte premier
Parle donc.
BUTTARELLI {se parlant à lui-même)
Non, je ne me trompe pas: cette nuit-ci l'année s'achève ! je l'avais oublié.
Parbleu ! En finiras-tu, avec ton histoire ?
BUTTARELLI
Pardonnez, senor ; je me remettais le fait en mémoire.
Achève, vive Dieu ! car je m'impatiente.
BUTTARELLI
Eh ! bien, senor, le fait est que le caballero Mejia, dont vous vous informez, fit un jour la plus mauvaise rencontre qui pût s'offrir à lui.
Supprime ce qui est étranger au fait : je sais qu'ils se sont défiés, Luis Mejia et Juan Tenorio, à qui, en un an, ferait, avec plus de succès, plus de méfaits.
BUTTARELLI
Vous connaissez l'histoire ?
Tout entière ; c'est pour cela que je t'ai demandé des nouvelles de Mejia.
lo Don Juan Tenorio.
BUTTARELLI
Oh ! Je serais enchanté que la gageure s'accomJ plît, car ils payent bien, et comptant.
Et tu n'as pas confiance que Don Luis arrive} à ce rendez-vous ?
BUTTARELLI
Hum! ni espoir non plus; le terme du délai approche, et je suis certain qu'aucun d'eux n'en] garde la moindre mémoire.
Il suffit. Prends....
BUTTARELLI
Excellence !... Et savez-vous quelque chose j d'aucun d'eux ?
Peut-être.
BUTTARELLI
Ils viendront donc ?
Un au moins ; mais pour le cas où, l'un après ' l'autre, tous les deux dirigeraient leurs pas de ce côté, prépare tes deux meilleures bouteilles.