‹ Don Juan tenorioChapitre 90 sur 127 · Deuxième partie. — Acte premier. i · texte numérisé non relu

Deuxième partie. — Acte premier. i

LE SCULPTEUR

Vous Otes étranger, je suppose ?

Il y a des années que je suis sorti d'Espagne, et j'ai été confondu à première vue, en arrivant, devant ces grilles, de trouver cette enceinte entièrement différente du temps où je l'avais quittée.

LE SCULPTEUR

Je le crois bien; car c'était dans ce temps-là un palais, et c'est un panthéon aujourd'hui qui occupe la place où il s'élevait.

Le palais devenu panthéon !

Telle fut la volonté de son ancien maître, et cette résolution a causé l'admiration générale.

Et il y a, par Dieu, de quoi admirer !

LE SCULPTEUR

C'est une histoire fameuse, à qui je dois ma gloire.

Pouvez-vous me la raconter?

LE SCULPTEUR

Oui; mais succinctement, car on m'attend.

Soit.

LE SCULPTEUR

Voici la vérité pure.

Dites, car vous me rendez impatient.

LE SCULPTEUR

Donc, il habitait, dans cette ville et dans ce palais, son patrimoine, un homme très considère pour sa noble naissance.

Don Diego Tenorio.

LE SCULPTEUR

Lui-même. Il avait un fils, ce Don Diego, pire mille fois que le feu, un monstre de l'enfer. C'était un jeune homme sanguinaire et cruel, et l'on dit que, en guerre avec la terre et le ciel, rien en ce monde ne fut de lui respecté. Querelleur, séducteur et joueur toujours heureux, rien n'était en sûreté, avec lui, ni vie, ni fortune, ni honneur. Ainsi le peint l'histoire, et s'il était tel, on peut bien dire que le défunt a prudemment agi pour gagner la béatitude céleste.

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