XVI. Et j'entrerai dans la rue
En y faisant des courbettes, Moi, et d'autres du quartier :
De plus de trente est la troupe.
XVII. Nous ferons un jeu de cannes Près de la petite place Afin que Bartolilla Arrive ici et nous voie,
XVIII. Bartola, qui est la fille De la boulangère, celle Qui me donne bien souvent Des gâteaux pétris au beurre,
XIX. Parce que, de temps en temps, Nous faisons, elle avec moi,
; POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA
Les petites rosseries, Cachés derrière la porte.
LETRILLA
Pourvu que paie chaud, Des rires, peu me chaut !
Que d'autres parlent des régences Du monde et de ses monarchies, Tandis que de petits gâteaux, Du pain frais — les matins d'hiver De Porangeade à Peau-de-vie — Gouvernent Pordre de mes jours !
Des rires, peu me chaut !
Je veux bien que le prince avale, Dorés ainsi que des pilules, En des plats d'or mille soucis ; A ma pauvre petite table, Moi, j'aime mieux de manger un Boudin qui crève dans la poêle.
Des rires, peu me chaut !
Quand janvier couvrira les monts De neige et d'argent, mon désir, C'est un brasero de châtaignes Et de glands rempli ; et c'est un Ami qui, du roi qui ragea, Me conte les bourdes exquises.
DON LUIS DE GÓNGORA Y A RGOTE
Des rires, peu me chaut !
Que le marchand, pour son bonheur Recherche de nouveaux soleils, Moi, dans le sable fin, je cherche Coquillages, colimaçons ; Et puis, j'écoute Philomèle Perchée sur Paune de la source.
Des rires, pea me chaut !
Que Léandre, pour voir sa dame, Traverse la mer, à minuit !
Qu'il brûle d'amoureuse flamme !
Moi, je préfère encore passer De l'océan de mon pressoir, La blanche ou la rouge rivière.
Des rires, peu me chaut !
Or, puisque Amour est si cruel, Que pour Pyrame et son amante Une épée est le lit nuptial Où tous deux se sont enlacés, Que ma Tisbé soit le pâté, Que ma dent nous serve d'épée.
Des rires, peu me chaut î
ROMANCE Vers 1586.