LUI
Un maritime alcyon couronnait en son vol,
Au-dessus de ses œufs, une roche éminente,
Le jour où miroir de saphir fut brillant
De ma personne, le rivage bleu ;
Je me mirai, et je vis luire un soleil en mon front,
Tandis que, dans le ciel, un œil apparaissait ;
Neutre, Peau se demandait à qui ajouter foi :
Au Ciel humain ou au Cyclope céleste.
LI, v. 8. Nous lisons, avec Pedro de Ribas et avec A. Reyes : « del perezoso Bolga (Volga) al Indo adusto »,c'est-à-dire des lieux où coule le Volga aux flots ralentis par les glaces, jusqu'au pays, brûlé par le soleil, où coule r Indus.
LII, v. 3. Spacieuse : nous traduisons ainsi le mot capaz. On doit lui accorder son sens étymologique, qui est spatial. On ne peut — comme on Ta fait ~ le rendre ici par capable, qui n'a plus cette acception en français.
LUI, v. 1-4. Au-dessus de ses œufs : à l'époque de la ponte. Pline et nombre de poètes anciens parlent de l'alcyon H7 =====
Sur d'autres portes, le cerf précise
Ses années ; et montre sa tête aux longues défenses
La bête fauve dont le dos élevé,
De piques helvétiques est muraille aiguë ;
La sienne d'homme, le voyageur égaré
La donna jadis à ma caverne de pitié dénuée,
Refuge, à présent, où, grâce à toi, l'étranger
Trouve le réconfort, s'il perdit son chemin.
En pièces brisé, un riche navire Baisa la plage misérablement, De toutes les richesses lourd que vomit, Par les bouches du Nil, l'Orient ;
et de ses mœurs. Ovide en raconte le mythe dans la métamorphose d'Alcyone et de Céyx (XI, ch. vin). « Pendant sept jours sereins, dit-il, l'alcyon couve les fruits de ses amours dans des nids suspendus au-dessus des flots. Alors, le navigateur peut affronter la mer sans danger. » En dehors de sa beauté picturale, l'allusion à l'alcyon précise une période de l'année où la surface des flots exceptionnellement sereins était le plus apte à renvoyer au cyclope une image harmonieuse.
LIV, v. i. Sur d'autres portes : sur celles où les chasseurs ont fixé, comme trophée, les têtes des cerfs qu'ils ont tués. — Le cerf précise ses années : on peut constater son âge à l'aspect de ses bois.
V. 2-4. Vigoureuse périphrase évoquant le sanglier dont la tête orne d'autres portes encore, tandis que le trophée de Polyphème était celle du voyageur égaré (V. 5-6).
LV, v. 5-8. Nous adoptons la ponctuation d'Alfonso Reyes, avec la syntaxe qu'elle interprète.
==- - Il8
POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA
Joug ce jour-là, et joug bien suave, Au front irrité de la mer sauvage Imposait — si ce n'était au vent — De très douces attaches mon instrument,
Lorsque, entre les sphères d'eau, je vois un hêtre
Ligurien livrer aux sables,
Dans des caisses, les aromates sabéens,
Dans des coffres, les richesses de Cambay,
Délices du monde, à présent trophée
De Scylla, qui, exposé sur notre plage,
Pitoyable butin fut, pendant deux jours,
Pour celles que cette montagne engendre, harpies.
Seconde planche, pour un Genevois, ma grotte
Fut, pour sa personne et pour sa richesse :
L'une rétablie, l'autre séchée,
Un récit du naufrage il fit, horrifique.
Splendide récompense pour les meilleurs fruits
Qui se puissent en l'herbe coucher, à des fils pendre,
Fut une défense de l'animal auquel le Gange
Vit supporter des murs, rompre des phalanges.
C'est un arc, dont je parle, élégant, et d'un carquois poli, Œuvres, l'un et l'autre, d'un artiste patient
LVI, v. 1-2. Un hêtre ligurien : un vaisseau genevois.
LVIII, v. 2. Un artiste patient : en espagnol prolijo, qui était un latinisme, doit s'interpréter ici dans le sens : « qui accorde le temps nécessaire à un travail fouillé et affiné ».