V. 5-6. Paphos et Cnide étaient consacrées à Vénus
XLIII, v. 6. S'appuya sur la cime d'une roche.
XLIV, v. 1. La construction de ce vers correspond à un ablatif absolu. Arbitre se rapporte à Polyphème.
DON LUIS DE GÓNGORA Y ARGOTE ,=r-
Donna l'haleine, au faîte de la roche,
Le prodigieux soufflet de sa bouche ;
La nymphe qui les entend voudrait être
Petite fleur, herbe modeste, un peu de terre
Plutôt que de son nouveau tronc, vigne lascive,
Morte d'amour, et de terreur sans vie.
Mais (pampres cristallins ses bras) Amour l'enlace, si la terreur la noue Au malheureux orme que la faux De la jalousie brisera tranchante.
Les cavernes, entre temps, les berges Qu'a prévenues le rude chalumeau, Le tonnerre de sa voix les ébranla bientôt ; Redites-le, ô Piérides, je vous prie !
« O belle Galatée, plus suave
Que les œillets que PAurore a cueillis ;
Blanche, plus que les ailes de cet oiseau
Qui doucement expire et qui vit sur les eaux,
Égale en ta splendeur à celui qui, hautain,
Son manteau azuré de tant d'yeux dore
Que le céleste saphir dore d'étoiles,
— O toi, qui sais inclure en deux les deux plus belles ! —
« Abandonne les ondes, abandonne le chœur blond Des filles de Thétis, et que la mer voie,
XLVII, v. 2-4. Lorsque le char du soleil se sera couché derrière l'océan; emportant avec lui la lumière, que Galatée
= POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA
Lorsque refuse la lumière un char d'or, Que Galatée la restitue en double ; Foule le sable, car sur le sable, j'adore Toutes les conques que ton pied blanc argente Et dont le beau contact peut leur faire enfanter Des perles, sans concevoir de la rosée.
« Sourde fille de la mer, dont les oreilles
Pour mes gémissements sont roches dans le vent,
Toi que, dans ton sommeil, dérobent à mes plaintes
Des arbres purpurins de corail par centaines,
Ou qui, au rythme dissonant des mytiles,
Marin, sinon agréable instrument,
Entrelaces des chœurs dansants, écoute aujourd'hui
Ma voix pour sa douceur, sinon parce que mienne !
« Je suis pâtre, mais si riche en troupeaux, Que les vallées j'encombre les plus vides, Que j'efface les monts au front dressé, Que je sèche les flots des ruisseaux ; Non point ceux qui, de leurs pis s'échappant, Ou coulant de mes yeux, sont fleuves
la restitue dans les deux soleils de ses yeux apparaissant avec elle au-dessus des flots.
XLIX, v. 1-7. Ses troupeaux, qui encombrent les vallées vides, cachent, par leur multitude, les monts élevés ; ils épuisent, en se désaltérant, les flots des ruisseaux, mais non point l'abondance du lait qu'ils lui donnent, ni les torrents de larmes qui coulent de ses yeux.
V. 6. Salcedo Coronel justifie « mes yeux », que d'autres -- 115 =
De lait ou de larmes ; car, à mes biens Sont égaux en nombre mes malheurs.
Perlant nectar, distillant des parfums,
Des creux qu'ignore encore la chèvre goulue
Me gardent plus de ruches que de fleurs
Libe inquiète Pabeille ou ingénieuse façonne ;
Leurs arbres m'offrent leurs troncs plus grands,
Dont les essaims (qu'Avril leur ouvre une issue
Ou que Mai les dénoue) distillent de Tambre
Et sur des quenouilles d'or filent des rayons de soleil.
« Du Jupiter des ondes, je suis fils,
Quoique pasteur, si même ton dédain ne souhaite
Que le monarque de ces grottes profondes,
Sur son trône de cristal t'embrasse bru ;
Polyphème t'appelle, ne te cache point,
Car un si grand époux, le rivage étonné le regarde,
ont pris pour une inadvertance, par un pluriel poétique résultant de l'ampleur des sentiments exprimés.
L, v. 4. Li&e, dans le texte, liba. Ce mot était, à cette époque, entièrement latin ; de là le néologisme que nous adoptons.
V. 6-7. Góngora fait allusion à l'étymologie déjà ancienne qui fait venir le latin Aprilis de aperire. Il a écrit ailleurs « Avril, clef de Tannée ». Ici, avril est considéré comme le mois qui fait éclore, qui ouvre ce qui restait enfermé dans la sève, dans la ruche. — Que Mai les dénoue : que Mai sépare les abeilles qui s'agglutinaient dans la ruche en une sphère mouvante.
============ POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA
Tel que n'en vit Phœbus nul autre plus robuste, Du paresseux Volga à l'Indus aduste.
LU
Assis, aux hautes branches du palmier, ne fait grâce
De son doux fruit ma main robuste ;
Debout, ombre spacieuse est ma personne
Pour d'innombrables chèvres en été ;
Faut-il s'en étonner, si de nuages se couronne
Pour m'égaler, la montagne vainement,
Et dans le ciel, sans quitter cette roche, si je puis
Écrire mes malheurs avec mon doigt ?