V. 6. La mère : Vénus. Son fils : Amour
LIX, v. 3 Toutes celles dont le pied errant et la corne sacrilège. Le texte de Góngora comporte ici des accusatifs internes imités des accusatifs grecs. Ceux-ci, rarement introduits en espagnol, y présentent le caractère érudit d'une assimilation voulue aux langues classiques. Nous en reproduisons l'aspect.
V. 8. Elles : la voix du géant et les pierres que lance la fronde.
= POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA
De lièvres sépara un couple dont l'amitié Unit les sexes et qu'un même sillon abrite.
LXÏ
Le brutal géant voit, d'un pas muet, Courir vers la mer la fugitive neige (Car, pour un aussi puissant regard, le Lybien nu Accuse le champ de son court bouclier) ; Apercevant Péphèbe, il ébranle autant de hêtres Vénérables qu'en peut ébranler un tonnerre jaloux. Tel, avant de rompre le nuage opaque, L'éclair prévient la trompe fulminante.
Avec une violence il arracha, infinie,
La plus grande partie de la roche éminente
LXI, v. 2. La fugitive neige se rapporte seulement à Galatée.
V. 3-4. C'est-à-dire, que la vue puissante du géant lui permet de voir, du Lilybée où il se trouve, le court bouclier du Lybien nu.
V. 5-6. Il ébranle les hêtres sous la violence de sa voix irritée.
V. 6-7. Salcedo Coronel n'a pas compris ces vers qu'il construit comme si c'était la trompe fulminante, c'est-à-dire le tonnerre, qui précède la perception de l'éclair. Aussi, le commentateur s'étonne-t-ii de cette description qui invertit l'ordre réel de la succession de ces phénomènes. Des difficultés syntaxiques prêtaient à cette équivoque qui rend en même temps incompréhensible la comparaison qui occupe les quatre derniers vers. Il faut l'interpréter comme suit : le géant voit d'abord le couple des amants (impression visuelle) ; sa voix irritée ébranle ensuite les vieux hêtres avec la puissance du tonnerre (impression auditive). De même, l'éclair
Qui, pour le jouvenceau sur qui il la lança, Urne est vaste, pyramide non minime.
Avec des larmes, la nymphe appelle Les déités de la mer qu'invoque Acis.
Elles accourent toutes, et le sang qu'exprima Le dur rocher, fut pur cristal.
Ses membres, déplorablement écrasés Par le rocher fatal furent à peine, Que la rosée limpide de ses veines Chaussa les pieds des arbres les plus gros : Enfin, ruisseau d'argent sa blanche dépouille, Foulant des fleurs, posant un brocart sur les sables, Il arriva près de Doris qui, en ses plaintes pieuses, Gendre, le salua, et fleuve l'applaudit.