PREMIÈRE SOLITUDE
Apres la dédicace au duc de Béjar, vient le poème, dont nous donnons ici un résumé et des extraits. Les titres synthétisant le contenu de ceux-ci sont ajoutés.
C'était la saison en laquelle le soleil pénètre dans le signe du Taureau.
Un jeune homme d'une beauté divine vient de faire
(impression visuelle) précède et annonce le tonnerre (impression auditive). Comparaison et succession des phénomènes reprennent, dans cette interprétation, une exactitude impeccable.
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■ POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA
naufrage. Loin de la femme aimée et dédaigné d'elle, il confie à la mer ses larmes et ses tendres plaintes. L'Océan s'en émeut ; le gémissement de l'éphèbe vibre comme une seconde lyre d'Arion subjuguant le dauphin qui le sauva des flots. Une épave du navire sauve le voyageur. Absorbé, puis rejeté par la mer, il aborde non loin d'un récif dont les cimes élevées abritent des nids d'aigles.
Il fait sécher ses vêtements et, tandis que la lumière dorée abandonne l'horizon où se mêlent confusément des montagnes d'eau et des océans de montagnes, il escalade, dans la lueur douteuse du crépuscule, à travers les ronces, des rochers d'une vertigineuse hauteur. Il dépasse la cime qui sépare la mer de la campagne et marche, d'un pas plus assuré, dans la plaine, en se dirigeant vers une petite et vacillante lumière émanant d'une cabane lointaine.
Le chien aboie. En cherchant à éloigner le voyageur, il lui montre plus exactement la route. Et la lumière qui, de loin, paraissait si petite, est, vue de près, énorme, car dans ses flammes s'étend un chêne robuste en cendres réduit, tel un papillon brûlé. Le jeune homme est salué avec simplicité, sans paroles pompeuses, par les chevriers qui entouraient le feu. Il exalte le bonheur de leur pauvre cabane.