PROLOGUE
que je ne regrette la main qu’elle me coûte. D’ailleurs quel rapport avec mon ouvrage peuvent avoir ma blessure et mes cheveux blancs ?
Cet auteur m’accuse d’être envieux, et se croit obligé de me définir l’envie. Je pense bien qu’il sait ce que c’est ; et je reconnais volontiers mon infériorité à cet égard. Il me reproche encore d’être l’ennemi d’un homme justement célèbre (i) , ecclésiastique vénérable , et familier du Saint-Office. Indépendamment de ces deux qualités , qui suffiraient pour lui attirer mon respect, je me plais à déclarer que j’honore ses vertus, que j’admire ses ouvrages , et que j’adore son génie.
Tu vois, lecteur, que je suis doux et modeste ; mais il serait mal à moi d’aller affliger un malheureux qui, en m’attaquant, n’a pas osé se faire connaître , a déguisé son nom , sa patrie , et se cache comme un criminel de lèse-majesté. Si tu le découvres par hasard, dis-lui , je te prie , que je ne suis point du
(i) Lope de Véga.