IO DON QUICHOTTE
flexion, il revint, portant toujours son tablier au menton , se jette aux genoux de la duchesse. Madame, lui dit-il, c’est fini, d’après la bonté que vous venez de me témoigner , je suis décidé à me faire chevalier errant, et à vous choisir pour ma dame. En attendant , je ne suis qu’un pauvre écuyer, laboureur de mon métier; je m’appelle Sancho , j’ai une femme et des enfans ; si dans tout cela vous trouvez quelque chose qui puisse vous convenir, tout est à votre service, vous en pouvez disposer comme de votre bien propre. Il est aisé de voir, répondit la duchesse, que vous fûtes élevé dans le centre même de la politesse et de la line galanterie. Tous parlez et vous pensez comme le digne compagnon du plus courtois des chevaliers et du plus délicat des amans. J’en suis reconnaissante , mon ami Sancho, et j’espère vous le prouver en pressant monsieur le duc de vous donner le gouvernement qu’il vous a promis.
Après cet entretien , don Quichotte se retira pour aller faire sa méridienne. La duchesse invita l’écuyer à venir dans une salle fraîche , où elle comptait passer l’après-midi avec ses femmes. Sancho lui répondit que , quoique son usage fût toujours de reposer quatre ou cinq heures après son dîner, cepen
PARTIE II, CHAP. XXIX. n dant il allait la suivre , et qu’il ferait son possible pour ne pas s’endormir en causant avec elle. Le duc alla donner de nouveaux ordres pour les fêtes chevaleresques qu’il préparait à notre héros.