AVERTISSEMENT
DU TBADUCTEUB.
Lorsque dans la vie de CerranteB .imprimée à U Ule de Gatalw j'ai jugé sévèremeulliilraduction française de Don (2iiJdkot(e, je n'avais point le projet d'en essayer une nouvelle. Depuis que j'ai huccombc à celte tentation il ne m'est plus permis de parler de la tn- Juclion ancienne ; elte existe, el , quel que soi! le jugement que l'on porte de la mienne , Don Quichotte dans noire laitue méKlait pins d'na traducteur.
Le principal but de mon travail a été l'espoir de taire sentir mu vérité qui ne me semble pas assez counue ; c'est que Don QaicIMIte , indépendamment de sa gaieté , de son comique , est rempli de cette philosophie naturelle qui, en livrant au ridicule de valu préjugés,n'en respecte que phis la saine orarale. Tout ce que dit le héros lorsqu'il ne parle pas de chevalerie semble dicté par la sagesse poa Caire aimer la verlu; sou délire mèmen'est qu'un amour mal entendu de celte vertu. Don Quichotte est fou dès qn'U a^l, il est sage dès qu'il raisonne ; el comme il esl toujours boa , ou ne cesse point de l'aimer; on rit de lui, etl'ofl s'y intéresse; ou le Mit insensé, et on l'écoute. Cervantes est pent-étre le seul homme qui, par oue invention aussi neuve, aussi différente de tout ce que l'on connaissait, ait forcé ses lecteurs de suivre longtemps sans u fatiguer les actions d'un extravagant dont ou se moque sans cessoi et qn'on ne peut jamais mépriser, dont on plaint toujours l« délire , et dont on admire souvent la raûon '.
Je n'ignore point que plusieurs personnes d'esprit et de goût aiment peu ce livre célèbre. Je n'aipasbesoin de leur démontrer qu'un ouvrage traduit tant. de fois dans toutes les langues deTEurope, et partout avec un succès égal , renferme nécessaiieoMit un très-éminent mérite; maisje voudrais qaemalraduction pût leur donner une idée de celte réunion si rare de la morale etde la gaieté, de la finesse
' < De tm» lu livret que ]'^ lu*. Bon Qatcholle est cehii que 1 aimeriti niiemaToIrWL • (SUnt-fitremonU, lettre sa nuréibal de cniciuv.) OKI qvKBOne. '