AVE&TISSEHEIII
et da naturel , de rimagmatioii la plus brillante et de la diclion la plus pure. Je voudrais encore rappeler àces personnes sï difficiles qo£ Cervantes écrivait au «eiiiènw siècle, lorsque le goâl de la scotastiquo régnait encore dans toute l'Europe, lorsque les nations le$ plus pdieées ne lisaient que les monstrueux romans de chevalerie, et que les Français n'avaient pas ménie leur Attrée. Celte réflexion, ce me semble, doit inspirer quelque admiration pour l'homme qui inventa dès lors le personnage si original de Sancho, les intéressants épisodes de Dorothée, du Captir, du louchant Cardenio, modèle depuis imité par le peintre de Clémentine ; pour l'auteur qui remplit son livre de caractères tous difTérents , quoique presque tous aimables, et qui saehanl si bien nous attendrir lorsqQ'ilIni plaît, sait encore nous donner des leçons de vertu, et nous Tait rire longtemps sans jamais risquer d'alarmer la pudeur la plus délicate.
En abrégeant des éloges suspecta dans la bouche d'an traducteur, je me hâte de fonvenir que l'on peut être rebuté par quelques plaisanleriee prolongées ou répétées, par quelques tableaux peu agréS' blee. Cerrantes n'a pas toujours échappé au goût de son siède, et celai de sa nation n'est pas en tout point ressemblant au n6tre. D'ailleurs il m'est bien déoiontré que Cervantes Ht d'<m seul jet la pre- BÉwepartiedeBonouwage, sans même se donner (a peine de retire ses bronilliMS. B<«aeoup d'oublis de sa part prouvent jusqu'à l'éviikoce oatta anartion ^ N'espérant point faire passer dans ma langno lescontàuettes beautés qui compensent li fort ces taches légères, j'ai cru devmr les affaiblir , en adoucissant certaines images , en changeant qoelquelpiailes vers trop éloignés de notre goût , surtout en supprimant les r^ttittons, et abrégeant des digressions, neuvet sans doute lorsqu'elles pararenl, mais devenues aujaord'hni communes; enfin eo serrant beanoonp les réoits, et iuppléanl par la rajùditi à des onMments que je ne pouvais rendre. Les admirables romans de Clarisse et de Crandissoti nous ont été donnés ainsi ; leur gloire n'en
. ' Dam tediapitrc V, la gouvenunte dit lu oirlqaedooQuiciMtleeittbtetit depuis Bixjoarai il n'est parti que de la veille. Au chapitre Vit Sancha appelle ea remme Jeanne Gattières idans tout le r«te de l'oon^e elle s'appelle Thérfae. Sancko dm k caDmcnoanent ne dit preapiR point de proverlies. Aa Gba;ritre XXlll Ginis de FMumoDtvalel'ineileSaiiduieti la page sulvmtE SaocliQ mit «m nuitre. monlé sur son due. Le terapa . le» époque», neaoDt prwqoe point observé» . Je poumiscHerplniieurs antres dis. tracUani, dont je me luis permis de rt^parer queli^ue«-une> , et qui ont été relevées »ec iovutiatiU par le savant auteur espa(iu>ldel'.tfita^K A Cdh Quk/iBllr.
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a pas souffert , ut les personnes loléraoten , qui n'exigent pas i|ue tout traducteur se dépouille de eoq bon sens et de son goût, peuvent s'en rapporter à mon amour pour Cervantes de l'estrème attention que j'ai mise a ne retrancher de son ourrage que ce qui n'aurait pis semblé digne de lui dans le mien.
Puisse mon zèle me faire pardonner par ceux qui savent l'espagnol la hardiesse d'avoir abrégé un livre quej'admira autant qu'eux, que je trouve comme eus un chef-d'œuvre d'esprit, de Hnesse, de grâce ! Mais la grice des mots dans un idiome n'a pas toujours son équivalent dans un autre ; et l'on doit alors , ca me semble , suppri' mer ce qui serait longueur sanscette grâce des mots. Je n'espère guère que cet humble aveu m'aitire l'indulgence de les lecteurs pour les libertés que je me suis permises : celte :rainte est un motif de plus pour répéter que ce qu'on trouvera de impariaitdans ma traduction reste toujours, malgré mes soins, inSnimeiit au-dessous de l'original ', qu'un des plus grands charmes de cet original , c'est l'élégance continuelle et l'heureux mélange de lUS les styles. Cervantes s'élève souvent jusqu'au loA le plus oraire , le plus poétique, lorsqu'il fait parler don Quichotte : il emploie langage naïf et piquant de la véritable comédie dans les réflexions deSanchoi il sait trouver une autre manière aussi naturelle, aussi gaie, mais cependatit différente, quand il amène sur la scène des pitres ou des chevriera; et il revient, sans qu'on s'en aperçoive , à son rôle d'historien, dans une prose claire, facile, quelquefois un peu abondante, mais toujours harmonieuse. Je souhaite que l'on s'en aperçoive çn me lisant : je n'en avertirais pas si je pouvais t'es-