‹ Don Quichotte de la MancheChapitre 101 sur 146 · PARTIE II, CHAP. ITt · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAP. ITt

Teillu qu« TOUS allez découvrir, afin que d'après votre rapport je puisse en eoridiir mon livre. — Soyez tranquille, ajoata Sancho ; à présent qu'il a les doigts sur la flûte , ne dontez pas qu'il n'en joue. Notre héros , se voyant attaclié, regretta beaucoup de ne s'être pas pourvu d'une petite «onitette, pour avertir de temps en temps qu'il était encore en rie; mais, s'aban donnant àlaprovidotce , il se jette à genoux, &it tout bas sa prière à Dieii pour lai demander son secours ; et puis élevant la voix : • 0 dame de mes pensées I s'éeria-t-il , illustre et belle Dukinée ! si les vœui de ton amant peuvent pairrair jnsqn'à toi, je te demande de )s soutenir par an regard favorable : je vais me précipiter , m'ensevelir dans cet abîme , uniquement pour apprendre au monde qu'il n'estpointdetravaiix et pointdc périls au.dessas d'un coeur qui t'adore. ■>

Cela dit, il s'approche de l'entrée, tires(»épée, conpeles broussailles qui lui fermaient le chemin. Hais au même instant un grand bruit se fait entendre dans la caverne ; et une épaisse noée de corbeaui , de chauve-souris , en sort avec tant d'impétuosité, que notre héros est renversé par terre. Scm intrépide cœur n'est point alarmé de cet augure malheureux ; il se relève, cbasse les monstres, et, s'abandonnaat à la corde, se laisse couler dans le précipice, k Dieu te conduise , s'écria Sancho en faisant des signes de croii , fleur, crème, écume de chevalerie ! Que la Notre-Dame de France et la Trinité de Gaète TeîllenE . sur toi, cceur de bronze, bras d'acier, vaillance de^univers ! Dieu te conduise encore une ftùs , et te ramène sain et sauf dans ce monde , que lu quittes à propos de rien ! > Don Quichotte ne répondait à ces exclamations qu'en demandant qu'on Bljt de la eorde. Le guide et l'écu; er chassaient : bientôt ils n'entendirent plus la voix du héros, elles cent brasses étaient à leur fin. Incertains de ce qu'ils devaient faire, ils demeurèrent à peu près une demi-heure à se consniter. Au bcmt de ce temps ils jugëreùt qu'il fallait retirer la corde; mais elle revenait sans aucon poids, ce qui leur fît imaginer que don Quiebotte n'était pins au bout. Sancho pleurait, se désolait, et relirait plus vite la fatale corde. Enfin, an bout de quatre-vingts brasses, il sent tout à coup qu'elle était pesante ; il en jette un ert de Joie. Après dix brasses

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