I.,<>,l,:^i 1„ Gotiglc
460 DOH QUICHOTTE.
Tons les habitaots du château étaieut aux balcons , aux crofsées; tous saluaient les deux héros. La duchesse , au milieu de ses femmes , leur tendait les mains , leur répétait adieu , lorsque la Jeune Altizidore paraît tout à coop à une fenêtre, les cheveux épars , le visage pâle ; et , fixant sur le t^eralier des regards pleins d'amour et de lormes , se met à chanter ces paroles :
Tn fnU , erael , et j'extiire :
PardoniM i ma faible voix D'oser encor te redire Ce qu'elle s dil tint de fols.
XiMureloDimeËmue, Regarde-moi uni frémir ; Oa doit supporter la Tue De ceux ijue l'on fait mearir.
Je t'ainuii lana être aimée.
Jamais Je n'en eus l'espoir; Mais à mon isoe dunnée Il siirBsail de te Toir, Hëlas! ta seule préseuce Suspendait tous me«tiiurineot«i Je ne comptait d'existence Que cei rapides momenti.
Ketoia de moi sens colËre Les adieux de l'amitié; Trembles-lu que ma misère Tinsplre de la pitié?
Non, non, tu n'as rien à craindre En m'accordant un regard :
Va, je ne suis point à plaindre.
Je meurs avant Ion départ.
A ces derniers mots AltizJdore tombe évanouie entre les bras de ses compagnes. Don Quichotte, pendant tont le temps qu'elle avait chanté, était demeuré muet, imraohile, les yeux attachés à la terre. Lorsqu'il la vit se trouver mal il se contenta de regarder le ciel , salua tristement la duchesse , et se préparait à partir, lorsque le duc accourt et l'arrête : ■ Seigneur chevalier, lui dit-il , quelque vif qu'ait été pour moi le plaisir de vous rece-