‹ Don Quichotte de la MancheChapitre 28 sur 146 · PARTIE 1, CHAP. XIX. SA · texte numérisé non relu

PARTIE 1, CHAP. XIX. SA

héros les abattait à soD ais« ; aSancfao.enle ngardaDt, disait eo lui-même : 11 taut pourtaut bien que mon nûltre goit auiù redoutable qu'il le prétend.

Le premier homme loinbê était encore sous la mule, et sob riaiiibeau parterre brûlait près de lui. Don Quichotte, vaiuqueui vint lui niettre sa lance au visage, en lui crioDt de se rendre. Hélas! répondit le malbeureuicje suis déjà tout rendu, l'Uistjueje ne puis bouger , et je crains d'avoir la jambe cassée. Nu me tui pas si vous Stes chrétien : vous commettriez un grand sjcrilégf attendu que je suis tonsuré. — Tonsuré! reprit notre chevaliei puisque vous Êtes homme d'église, que venez- vous &ire ici? — Pas graud'cliose de bon , grâce à vous ! Je m'appelle Alonzo Lopès,etJ'accomp3gnais avec onze ecclésiastiques mes confrères, que vous venez de mettre en fuite , le corps d'un vieux gentilhomme mort à Raêça, qui a demandé d'être enterré à Ségovie, sa patrie. — C'est fort bien. Mais qui a tué ce gentilhomme? — Qui l'a tué? — Oui, sans doute; c'est là ce qu'il m'importe du savoir. — Ha foi ! c'est Dieu qui l'a tué , avec une fièvre maligne.— Celaétant, je ne suis donc pas obligé de venger sa mort. — Je ne le pense pas , monsieur. — C'est qu'il est bon que vous sachiez que je m'appelle don Quidiotte de la Hanche, que je sni& chevalier errant , et que mon devoir est d'aller par le monde , réparant les injustices et redressant les torts.— Je voudrais bieo, mcmsieur le chevalier, que vans pussiez redresser ma jambe. — Cest on mallieur, monsieur le tonsuré Alonzo Lopès. Mais aussi pourquoi vous eo allez-vous, la nuit, couverts de crêpes, de surplis, avec des flambeaux, dans un équipage de l'autre monde, qui devait avec raison me faire croire que vous étiez des suppôts de Satan ? — Oh ! je sens bien que e'est ma faute. Hais aidezmoi , par charité , i me relever de dessous cette mule , qui tient ma jambe froissée entre la selle et i'étrier. >

Aussitôt don Quichotte appelle Sandio. Sanclio ne se pressait pas d'arriver, parce qu'il était occupé de débarrasser un mu* let cliargé de vivres , que ces messieurs menaient avec eux. Le prévoyant écuyer était parvenu à faire de sa capote une espèce debiss.ic, qu'il brcit des meilleures provisions; ensuite il attacha la capote sur son âne ; et quand tout ceb fiit fait il arriva près

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de son maître pour l'aider à rdever le malheareai tonsuré. Us parviDrent, dod sans pdEe, aie remeitre sur sa mule, luireodirent son flambeau, et don Quichotte lui conseilla de rejoindre ses compagnons , en rassurant de nouveau qu'il n'avait pu B'empêclierde faire ee qu'il arait fait. Sanche le retint pour lui dire encore ; n.Si par hasard vos messieurs sont curieux desavoir quelle est la personne qui les a si bien étrillés , vous -pouvez leur apprendre que c'est le fameux don Quichotte, autrement dit le cbevalier de ta trisie figure. ■ Le pauvre tonsuré partit. Notre héros pria Saneho de lui expliquer pourquoi il lui avait donné ce surnom. " Ma foi ! répondit l'écuyer, c'est qu'en vous considérant à la lueur de cette torcbe. soit 3 cause de la fatigueque vous avez éprouvée, soità cause du coup de pierre que vous avez reçu, je voDS ai trouvé la plus triste ligure qLie l'on puisse voir au monde. — Ce n'est pas cela, mon ami; c'est que le sage qui doit écrire l'histoire de mes exploits a sans doute jugé nécessaire que j'aie .aussi un surnom, comme les chevaliers du temps passé , dont l'un s'appelait lechevaliN de la Licorne, du Phénix, du Griffon, delà Mort. Cétait sous ce nom et par cet emblème qu'ils étaient connus dans l'univers. Je regarde comme une inspiratiau l'idée qui t'est venue : je prétends m'appder ainsi désormais; et je veux faire peindre sur mon bouclier une figure étrange et fort triste. — Vous pouvez, monsieur, économiser l'argent qu'il vous en codterait pour cela. Je vous réponds, soit dit sans vous offenser, qu'il suffit que voustous montriez pour que tout le monde dise : Voilà le chevalierde la triste figure. > Don Quichotte ne se fScha point de la liberté de sonécuyer; mais il n'en résolut pas moins d'adopter ce beau surnom.

Avant de quitter ee lieu , notre héros eut la fantaisie de retourner sur ses pas , et de visiter le cercueil qui était dans la litière, pour s'assurer si le geulilhorome étaitbien mort. > Monsieur, lui dit Saneho, voici la première aventure dont nous nous lirons t»en portants ; n'allons pas gjter nos affaires. Ces gens-là n'ont (ju'à s'apercevoir que c'est un seul homme qui les a battus, ils voudront prendre leur revanche; et vous savez, comme moi, tout ee quipeut en arriver. Croyez-moi, gai;nons la montagne; noua avons faim , j'ai de quoi manger ; laissons aller, comme

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OD dit, tetnOrt m teireet levivanl à table. • AiMsitâtilfait niaroher son âne dcTBDt lui ; don Quichotte , trouvant qu'il avait raison, le suivit uns répliquer.

Ils s'eufoscèreat eotre deux colliDes , et parvinrent à une vallée profonde, où SoBcho mit sur l'herbe tes provision!. Là, étendus toas les deoK, sans autra lauce que leur appétit , ils déjeunèrent, dînerait, sospèreut tout à la fois avec d'excellentes viandes froidei, dMinéei à messieart les eecl^siastiqBes , qui d'ordinaire savent bim sa pourvoir. Mais un grand nisibeur, dont Sancho surtout ne pouvait te consoler, c'est qu'ils n'avaient point de vin , ni même d'eau, pour apaiser leur mf ; ce qui fut cause de ce qu'on va voir dans le chapitre suivant.

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