H4 SOU QUICHOTTE
lançaipassurFeraand.et jenerétonfiai pas dans mes bras!... NoD , les maux que je soufCre ne sont pas assez grands ; dod , j'en ai mérité davantage!
> Le prêtre attendait la réponse de Lucinde , qui , pjle, tremblaote, la tête penchée, garda JoDgtemps le silence. Sa mère alors se baissa fers elle , me déroba son visage : et j'entendis , jacrus entendre ce oui fatal qui me donnait la mort. Je demeurai immobile de surprise , d'efTroi, de douleur, doutant encore si c'était bien Lucinde dont j'avais entendu la voix. Je n'en doutai plusquandjevisFemand metlreii son dolgtl'anneau de l'épouse. Au moment même, Lucinde, évanouie, tomba dans les bras de ■es femmes. On l'emporta; sa mère, Feroand, la suivirent ; et moi , dont les yeux, couverts d'un nuage, ne distinguaient , n'apercevaient plus rien , je sortis en poussant des cris , sans m'entbarrasser d'être reconnu , sans savoir où porter mes pas, sans me sentir même cette soif de vengeance qui uaguère me dévorait. J'ai toujours pensé que dès ce moment ma raison s'était altérée. Je me rappelle confusément que je courus reprendre ma mule, et que je sortis de la ville. Je marchai toute la nuit. Le seul sentiment qui m'occupait , et dont je me souvieus parce qu'it m'occupe encore, c'est que Lucinde était infidèle ; c'est que Lucinde m'avait trahi pour ce Fernand, cet indigne Femand, dont le rang et les richesses avaient ébloui Lucinde. Cependant mon cœur l'excusait encore. Je me rappelais sa timidité, sa douceur, son obéissance craintive pour les auteurs de ses jours. La douce habitude de la trouver parfaite l'emportait sur mon ressentiment, et j'aimais mieux m'en prendre à mon sort que de tien reprocher à Lucinde. En proie a ces tristes idées, je précipitais ma course. J'arrivai, sans m'arrêter, jusqu'au milieu de ces montagnes, où ma mule tomba morte. Moi-même, épuisé de faim , de fatigue , de souffrances , je m'étendis au pied d'une roche , résolu de ne plus me relever. Jignore combien de temps j'y demeurai , j'ignore tout ce qui m'arriva ; je sais seulement qu'en revenant â moi je me vis entouré de pfiUres, qui sdrement m'avaient secouru. Je n'avais plus feim , j'étais paisible , et j'appris avec douleur que j'avais maltraité ces bonnes gens. Il ne m'en nourrissent pas moins ; ils ont soin de mettre
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du pain dans les endroits où J« dois passer : je me tunirris de ce pain ; quand j'ai mangé , je suis mieux ; je cause alors avec les chevriers ; ils me disent que je les maltraitË encore , et je pleure de repentir d'offenser malgré moi mes bienfùteurs.
■ Telle est ma misérable vie ; je passe les nuits dans le creux d'nn arbre, j'erre pendant tout le jour; je répète, je chante, je crie le nom de Lucinde , sans autre espoir que d'expirer en pro- Donçant ce nom si cher! Épargnez-vous des conseils qui me seraient inutiles , je ne puis jamais guérir, puisque jamais je ne puis oublier Lucinde. Je ne veux pas l'oublier. J'aime mes mata, j'aime mes souffrances. Elle les prévoyait bien quand elle m'a manqué de foi ; elle était bien Sûre que je deviendrais le plus infortuné des hommes. Elle l'a voulu ; eh bien ! je le suis , je me plais à l'être , je le serai jusqu'à la mort. -
Ainsi parlaCardenio. Le curé, touché jusqu'au food du'coeur, allait s'efforcer de le consoler , lorsqu'une voix douce et tendre , qui se plaignait non loin d'eux , attira son attention.