‹ Don Quichotte de la MancheChapitre 58 sur 146 · U6 I>ON QUICHOTTE · texte numérisé non relu

U6 I>ON QUICHOTTE

épouser en arrÎTant. — Est-elle belle, cette dame? — Ell« est si belle, que je ne^ains pas de la flatter eBassuraot qu'elle a de vos treits. Agimorato, sourisat alors, me dit : Chrétien, je t'en félicite; sais-tu bien que dans tout Alger nulle beauté n'égale ma Slle?

iCommeilparlHit, un Maure accourat, enaÛDtqoe quatre Tures venaient de sauter par-dessus les murs du jardin, et dépouillaient les arbres fruitiers. Le vieillard et sa fille tressaillirent au nom des Turcs; les soldats de cette nation sont extrbnemeot redou^ des Maures , qu'ils traitent avec beaucoup d'iosoleme. Ha fille, dit Agimorato, retourne dans la maison, tandis que je vais parler à ces brigands. Et toi, chrétien, prends ta salade. va-t'en.etqu'Allabtecondaise chez toi! Je le saluai d'une iodination : il courut aux Turcs , et me laissa seul avec Zoiaïde, qui l'eut h peine perdu de vue , que , fixant sur moi des yeux pleins àe larmes , elle me dit , avec un son de voix qui retentit eninr« dans mon cœur: ^mexi, chrétien, am«.i:i? ce qui signifie, ta t'en vas, chrétien, tu t'en vas? — Jamais sans vous, répondis-je: vendredi je reviendrai vous prendre; ne vous effrayez pas ie nous voir. Nousnoas embarquerons à l'instant même; etdèsqne nous serons en Espagne, le pins doni, le plus tendre hymen nous unira pour toujours.

« Ces paroles furent presque ditei par signes. Zoraïdelet eaitadit, versa quelques pleurs, me présenta sa main, que j'osai presser dans les miennes ; elle s'appuya sur mon bras , et 0t quelques pas vers sa maison. Je mardiais près d'elle, tremblant que son père ne revtnt, quand tout à coup je le vis reparaître. Zoraïde à son aspect laissa tomber sa tête sur mon épaule, ses genoux fléchirent; et le bon vieillard , voyant qne sa fille se trouvait mal , accourt, la prend dans ses bme , maudit les brigands qui Font effrayée , et la rappelle à la vie. Zoraïde , en rourrant le* yeux, soupire, et répète encore : Amexi , chrétien , amexO Ha (^êre euAnt, répondît son père, lassure-toi ; ce chrétiea ne doui a point fait de mal, et les Turcs sontdéji partis. Je pris akns eoDgé du vieillard, qui me remercia d'avoir sontenn Zoratde, me dit de choisir dans son jardin tout ce qui me conviendrait , tX ramena sa fille à sa maison.

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■ Je me promenailongtempsautourdecette maison, en faisant semblant de cueillir mes herbes. J'en examinai les entrées, les sorties ; je parcourus tout le jardin , et revins rendre eonipte it . mes amis de toutes mes observations.

■ Enfin il arriva ce jour qui devait me donner Zoraïde et dous rendre la liberté. Dès Ja veille , le renégat n'avait pas manqué de venir mouiller vis-à-vis le jardin d'Agiinorato. Mes douze Espagnols étaient au rendez-vous à l'heure marquée, ignorant ce ' qu'ils devaient faire, mais prêts à tout hasarder. La ville était déjà fermée, le jour avait disparu, et personne ne paraissait sur je rivage. Mes trois amis et mai sous agitfimes leqne! valait mieux de marclier tout de suite à la maison de Zoraïde, ou d'al' . 1er nous emparer des Maures qui ramaient dans la barque du renégat. Celnl-ei vint nous décider Tous perdez, dil-il, des moments ;»édeux; mes rameurs sont presque tous endormis, venez vous en rendre maîtres; nous irons ensuite chercher Zomïde.

• nous suivîmes le renégat. II entra dans la barque le sabre à la main : Silence et soumissioD, s'écria-t-il en arabe, oa dans l'Instant vous êtes morts. Tout l'éqnipage, qui n'était pas vaillant, surpris autant qu'effrayé de voir son propre capitaine à la tâte de plusieurs chrétiens, se laissa mettre aux fers sans dire un senl mot. Cela fait ,noHs laissâmes ponr tes garder six d'entre nous; et le reste, avec le renégat, me suivit an jardin d'Agimorato.

■ I^ porte en fut ouverte sans le mwndre bruit ; nous arrivâmes en silence jusqn'à la maison. Zoraïde était à la fenêtre; dès qn'ellenons aperçut, elledemanda, d'une voii basse, si nous étions tes PFaaaréetu. Je lui répondis que oui. Dès qu'elle eut reconnu ma voix, elle descendit, ouvrit la porte, et parut à DOS yenx resplendissante de ses attraits et de ses diamants. Je la reçus im genon en terre : mes compagnons firent comme moi. Bientôt la prenant par la main, je l'entraînais au milieu de nous, lorsque le renégat l'arrêta pour loi demander en arabe si son père était au jardin. Oui , lui répondit Zoraïde , il est dans sa chambre , où il dort. — Il font l'emmener avec nous , reprit Tavide renégat, et nous emparer de les trésors. — Non, s'é-

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cria Zoraîde, je veux qn'on respecte mon père, qu'on ne lui fasse aueuue violence ; et quant aux trésors que voos désirez, j'en possède assez pour vous faire votre fortune à tous. Attendez-raoi, je reviens.

•■ Elle quitte aussitôt ma main et rentre dans la maison. Je n'avais pas compris un seul mot de ce qui venait d'être dit : lorsque le reu^t me Vent expliqué, j'eus peine h retenir mon indignation et ma fiireur contre lui ; je déclarai hautement que je voulais qu'on obéit à Zoraîde, qu'on se soumit avec respect à la moindre de ses volontés, et je jurai d'immoler le premier qui oserait la contredire. Elle revint en même temps, chargée d'un cofîre plein d'or qu'elle pouvait à peine porter.

° Malheureusement le bruit qu'elle avait fait avait réveillé son père, qui, se mettant à la fenêtre, et reconnaissant les chrétiens, cria de toutes ses forces : Au secours! aux voleurs] aux armes! Ces cris jetèrent le désordre parmi nous ; Zoraîde s'évanouit : je me hâtai de l'emporter, sans m'occnper de ce qui-se passait derrière moi. Je parvins jusqu'à la harqne, où mes compagnons arrivaient pêle-mêle; on leva l'ancre, on partit. Ce Ajt alors seulement que j'aperçus au milieu de nous le père de Zoraîde, les mains attacbérâ et un mouchoir devant la bouche. Pappris que le renégat, à l'instant même où le vieillard avait poussé des cris, était allé le saisir, l'avait forcé de se taire et de le suivre dans la barque. Au désespoir de cette violence, je fis ôter au vieillard les liens et le moncboir; mais le renégat, d'une voix terrible, lui recommanda le silence s'il voulait conserver la vie.

" Dès queZoraîde aperçut son père, elle jeta un cri de douleur et se couvrit le visage de ses deux maios. Agimorato, qui n'osait parler ni faire un seul mouvement , fixait sur elle des yeni attendris, soupirait, ne pouvait comprendre comment sa Glle, que je tenais encore dans mes bras, avait Pair d'y demeurer sans répugnance. Zoraîde, baignée de pleurs, appela le renégat pour )e charger de me dire que si l'on ne rendait aussitôt la liberté à son père elle allait se précipiter dans les flots. Le renégat m'expliqua ces paroles. J'onloiuiai qu'on obétt à Zoraîde : mais nous étions en pleine mer; c'était commettre le salut de tous que de retourner à la côte. Je le voulais cependant, je l'exigeais

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aTecfoice, quand mes amis eui-mémes, le renégat, tout l'équipage, déelacèrent qu'ils De m'obéiraient point, qu'on ne ferait aucun mal au vieillard, qu'on le remettrait à terre au premier radroit où l'ou aborderait ; mais qu'ils ne pouvaient s'exposer pour lui aux supplices qui les attendaient. Je fus forcé de céder : Zoraïde entendît bienquec'élait contre mon gré que l'on retenait son père: elle me regardait en pleurant; et comme elle rit mes laranes couler, elle s'assit près de moi, saisit ma main qu'elle porta SUT ses yeux, et se mit àprierLela Marien.

» Mes compagnons, redoublant d'efforts , flreut voler la barque sur les flots. Le renégat , qui veillait toujours sur le vieillard et les autres Haares enchaliiés, leur dit de reprendre courage, qu'ilsn'étaient point nos captifs, qu'onleur rendrait la liberté aussitôt qu'on serait a terre. Ah ! cVirétien, répondit ARJmorato, ■somment veux.-tu que je pense qu'après avoir couru tant de périls pour vous emparer de ma fille et de moi, votre intention soit de nous renvoyer en perdant le fruit de vos peines.' Parlez, parlez plus franchement: que demandez- vous pournotre rançon? Vous savez combien Je suis riche ; je vous oiïre tous mes trésors, non pas pour moi, mais pour ma fille, ma 611e qui m'est bien plus chère que moi-même, et dont je ne croirais pas trop payer la liberté en vous donnant ma fortune et ma vie. Ces derniers mots furent prononcés par ce père malheureux avec un accent si tendre, avec des pleurs, des sanglots si touchants, que D.ous en fûmes tous émus, Zoraïde me quitte en poussant des cris, et court se jeter dans les bras dn vieillard. Celui-ci la reçoit, l'embrasse, la presse contre son cœur, la tient longtemps ainsi serrée, pleure, et l'embrasse de nouveau en la couvrant de baisers etde larmes. Enfin, après ce premier transport, lorsqu'Agimoralo , la regardant, s'apen^t qu'elle était parée : Ma ch^ enfant, dit-il avec surprise, explique-moi comment hier au soir, veille de notre affreux malheur , t'ayant laissée avec tes vêtements ordinaires. Je le trouve à présent en habits de fête, ornée de ces pierreries que ton père eut tant de plaisir à te donner lorsqu'il était encore benreux. Zoraïde baissa les yaux sans répondre. Le vieillard, plus étonné, la considérait en silence, quand il déeouvrit la cassette oii Zoraïde mutait, son trésor, cassette que '

SIO DON QUICHOTTE.

jamais sa Bile nefaisaît porter au jardin, et gui resUit toujours, dans la maison d'Alger, Zoraîde, reprit-il d'une voix plus al* lérée, comment cette cassette est-elle ira"? corament... Il nepeut achever: Zoraide, pâle, tremblante, était prête ii s'éva> Donir.

■ Srignear, lai dît alors le tmégal, épaigaet. à votre fille des questionsembarassautes, aniquelleg je Taissatûfàire par use seuleréponse ; Zoraîde est chrétienne, Zoraîde nous a délivrés tous ; et c'est de soq gré qu'elle vient avec nous. — Ha fille, reprit l» Maure après un moment de silence, est-tl vrai que tu sois cbrétjmne? est-il vrai que ce soit toi-même qui aies livré ton père à ses ennemis ? — Jamais, jamais, s'écria Zoraîde en sanglotant, je A'eus la pensée (TafQigerle meilleur des pères ; jamais {ea'aï conçu l'affreux dessein dont je sens trop qu'on peut m'accueer... Il est vrai, je suis chrétienne; Leia Marien a voulu... Ace mot,lft vinllard se lève ; et , sans que personne ait le temps de s'opposer à son impétuosité, il s'élance dans la mer.Zoraïde Toolailesuivre'; je la retins. Pendant ce temps, mes compagnons retirèrsnt Agimorato, que ses vêtements avaient soutenu, et le rendirent à la vie.

' La mer était loin d'être calme : le veat qui s'était élevé nous rejetait sur la cote d'Afrique. Comme cette cdte était loin d'Alger, nous résolârnes d'y descendre, et nous filmes assez heureux pour aborder dans une petite anse où notre barque fiit en sûreté. Nous descendîmes avec précaution : nous posâmes des sentinelles ; et lorsque mes compagnons eurent pris de la nourriture, je les suppliai de céder au désir de Zoraîde, de mettre en liberté son père avec les Maures endialnés. On m'obéit : à l'instaDt mCme où le vent permit de se rembarquer, les iSaaits , meni& un àun, furent, à leur grande surprise , laissés libres sur le rivage. Quand on y conduisit le vieillard : Giréliens , dit-il , ceUe malheureuse ne désire ma bbertë que pour s'affranchir de la bonté que lui dît encore ma présence ; elle n'a quitté sa religion que pour se livrer aux désordres que la vôtre permet à vos femmes. Fille ingrate, ajouta-t-il, aveugle et stupide victime, qui abandonnes Ion père pour suivre tes ennemis I va, je maudïsrheure fatale où ta reçus la naissance i je maudis l'aniour que

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j'avais potu toi, les soins quefai pris de ton enfane», le eliarme qne je trouvais à t'atmer! Sotasdreqi^Aila me vengera-, sois sdre qu'il est dans le ciel ua ami des pères qui punit toujours tes en- ^ts dénaturés , qui fera tomber sur ta tfte la malédiction qne je te donne]

■ Mes compagnons se hâtèrentd'emmener l'infortuné vieillard. Sa fille , baignée de pleurs , était mourante an fond de la barque. Quand Agimorato fut sur la rive , et qu'il vit eette barque prête à s'éloigner, noua l'entendîmes s'écrier; Renens, reviens,. je révoque la nulédiction que je t'ai donnée ; reviens , ma Slle chérie 1 je te pardonne, j'oublie tant. Laisse à ces chrétiens te» trésors ; reviens consoler ton père : il n'a que toi , tu n'as que lui. Ma fille, ma fille, je vais mourir si tu m'abandonnes. — Ah T mon père, répondit-elle en sanglotant, je vous aime, je vous ho- Dore.jedonnerais pour vous ma vie; mais unepnissanee invincible, mais mon salut étemel, ma religion, Ma Marien, me forcent devons quitter. La barque s'éloignait toujours ; nous vîmes alors le vieillard s'arracher tes cheveux, la barbe, tomber sur la terre avec désespoir, se relever à genoux , marcher dans cette situation les bras tendus vers sa fille, rappeler, la supplier de loin,et se rouler ensuite sur le sable.

« I4ous le perdîmes enfin de voe. Zoraïde, au désespoir, me faisait craindre poui ses jours. Sa piété seule les conserva. Nou» voguions avec uo bon vent, espérant que le lendemain nous arriverions en Espagne ; mais, soit que la foriune fllt lasse de favoriser nos desseins, soit que la malédiction d'un père ne soit jamais prononcée en vain, au milieu delà nuit, presque sur nos côtes, au moment oii notre voile etdlée nous épargnait le travail de ramer, nous nous rencontrâmes si près d'un vaisseau , que nous pensâmes nous briser sur lui. Un mouvement qu'il fit nous saura :auxsitât plusieurs voix se firent entendre de ce vaisseau , et nous demandèrent en français qui nous étions, où nous allions. Le renégat, voyant que c'étaient des Français, ne vonlut pas qu'on répondit Nous passâmes, dans un profond silence; etnonsnons croyions sauvés, quand deux canons, tirés à la fois, nous envoyèrent des boulets rames qui coupèrent notre mât, et firent à la barque une telle voie d'eau , que nous la sentîmes couler bas.

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Nous poussons alors de grands cris en demandant du secours : douM Français , armés d'arquebuses , vinrent h nous dans leur chaloupe, nous prirent, nous emmenèrent avec eux, en nous disant qu'ils corrigeaient ainsi le défaut de politesse.

• Conduits dans le vaisseau français, on prit tout ce que nous avions : les bracelets, les pierreries, les richesses de Zoraïde deviarent la proie des pirates. Après avoir tenu conseil sur ce qu'on ferait de nous , le capitaine , toucbé de compassion pour la jeunesse , pour la beauté de ma chère Zoraïde, lui donna quarante écus d'or, nous abondonna son esquif avec quelques provisions , et nous permit de gagner l'Espagne. Kous en étions peu éloignés ; nous y débarquâmes bientdl. Ce seul moment nous fit oublier tous nos périls, tous nos maux passés. Nous nous élançâmes sur le rivage, nous bsjsflmes cette terre chérie en la baignant de larmes de joie , et tendant les bras vers le del , nous le remerciâmes de ses bienfaits.

•< Sans savoir où nous étions , nous traversâmes à pied un long espace de chemin désert. La &ible "Zoraïde ne pouvait me suivre ; je la portais sur mes épaules , et je souffrais moins de ce jdoui fardeau qu'elle ne souffrait elle-même delà crainte de me fatiguer. Nous rencontrâmes un jeune berger à qui nous voulûmes parler; mais à la vue du reniât il s'enfuit ile toutes ses forces , en criant ; Aux Maures ! aux Maures! et semant Talarme dans tout le pays. Bientôt nous vîmes arriver les cavaliers qui gardent la côte; nous allâmes au-devanttl'eux , et nous leur dîmes qui nous étions. A peine l'eurent-ils entendu, que tous, mettant pied à terre , nous embrassèrent avec tendresse , nous forcèrent de prendre leurs chevaux ; et le capitaine voulut que Zoraïde montât sur le sien. Conduits ainsi comme en triomphe, nous arrivâmes à Vêlez de Malaga : nous allâmes descendre à l'Oise, où nous renouvelâmes nos actions de grâces , et où la piété fervente de Zoraïde attendrit , attira près d'elle une foule immense de peuple , qui l'environnait en pleurant. Chacun lui offrait sa maison , chacun la comblait de présents et de caresses. Après six jours passés a Vêlez , uous nous séparâmes , non sans douleur, pour retourner dans nos familles. J'achetai un âne pour que Zoraïde pût voyage moins mai à son aise , et nous primes

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ensemble In route des montages de Léon. Nous approchons de notre but ; j'ignore si mon père est vivant , si je retrouverai quelqu'un de mes frères, mais j'espère dans le ciel, qui ne plut nous abandonner. Pourvu qu'il veille sur Zoraide, je ne me plaindrai de rien ; c'est d'elle seule que je m'occupe : l'amour, la reconnaisEance que je lui dois, peuvent à peine égaler le respect qu'elle m'inspire. Vous admireriez comme moi la douceur, la résignation, la patience inaltérable avec laquelle elle supporte la fatigue, la pauvreté; je lui sers d'écuyer, de père, de défenseur; je suis tout pour elle , et Eerai son époux aussitôt qu'il lui plaira de m'bonorer de sa main. Hdasl je ne sais pas encore si je trouverai sur la terre une cabane à lui ofîrir;maisje la servirai toute ma vie. C'est là tout ce que j'espère , et tout ce qu'il faut a

B Voilà, messieurs, l'histoire de ma vie, qui peut-être vous a paru longue ; mais il faut pardonner les détails aux infortunés qui parient d'eux-mêmes. >

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