PARTIE I, CHAP XXI
fante , et qui presque toujours est la fille d'un f!uc ou d'un grand seigneur du royaume.
Voilà le plus beau, paidi! s'écria Sancho; 2t c'est tout ce que je demande. Par ma foi , monsieur, je suis convaincu que tout cela doit arriver au chevalier de la Triste Figure. — N'en doute point , mon ami ; car tout ce que je viens de raconter est toujours arrivé exactement de même à tous les chevaliers evrans. Il ne reste plus qu'à nous informer quel est le roi païen ou chrétien qui est en guerre «t qui a une jolie princesse. Kous avons du temps peur cela. Ce qui m'inquiète davantage, c'est que, lorsque nous en serons là, j aurais de la peiue à prouver que je suis de famille rojale. Quoique assurément je sois gentilhomme , et bien reconnu pour tel , le roi aura peut-être de la répugnance à me donner sa fille , si le sage qui écrira mon histoire ne pavaient pas à découvrir que je suis arrière-petitfili de souverain. Il est vrai que j'aurai la res&ourci; d'enlever 1 infante, qui ne demandera pas mieux; et le tt^mps ou la mort apaisera la colère du roi mon beau-père. — Vous aver i.iison, monsieur, et je suis d'avis que vou> imenciei par 1 enlèvement. Ce n'est pas h» pente,, comme disent certains vauriens, df .1..,,, .,,,!.. . ,.». -jMon peut prendre; uœ foif
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qu'on est nanti, on plaide à merveille de loin. Ce (jue j'jvois de plus triste , c'est qu'en attendant que la paix se fasse , et que vous jouissiez tranquillement du royaume , le pauvre écuyer vivra de l'air du temps, et se passera de récompense , à moins que la demoiselle d'honneur ne se fasse enlever avec l'infante , ce qui serait assez convenable. — Personne ne s'y opposera , Sancho , surtout qiiand elle t'aura jugé digne de devenir son époux. — Ohl pour digne , il n'y a rien à dire, je suis des vieux chi'étiens , monsieur, et cela suffit pour être comte. 'Allez , soyez persuadé que le manteau ducal mira fort bien : j'ai déjà été bedeau d'une confrérie, et j'avais si bonne mine avec ma robe , que tout le monde disait qu'il fallait me faire marguillier. Vous jugez qu'une robe.« d'or et de perles ne gâtera i-ien à l'air de mon visage. — Sans doute ; mais je t'exhorte alors à te faire plus souvent la barbe. — J'aurai; un bai'bier pour cela, qui ne me quittera point , et qui marchera toujours derrièi'e moi; comme une fois que j'étais à Madrid, je vis passer untoutpetitraonsieur , suivi d'un autre beau monsieur qui s'arrêtait quand le prenxier s'arrêtait , marchait quand il marchait, se retournait quand il se letournait , enfin avait l'ail d'être sa queue. Je demandai ce que C( U