‹ Don Quichotte de la Manche, traduit de l'espagnolChapitre 49 sur 119 · PARTIE I, CHAP. X · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAP. X

d'être nombreuses , tu saurais que mes braves confrères ne se mettaient jamais à table , si ce n'est dans les banquets des rois. Le reste du temps ils vivaient de l'air ; et comme ils étaient hommes cependant, et qu'un peu de nourriture leur était nécessaire à la longue , nous pouvons croire que dans les forêts , dans les déserts qu'ils parcouraient , sans y trouver sans doute de cuisinier, leurs repas étaient quelques mets rustiques , tels que ceux que tu me présentes. Suivons, suivons leur exemple, et ne cherchons pas à rien innover. — Cela étant , monsieur, désormais je fournirai le bissac suivant les règles de la chevalerie ; c'est-à-dire , de fruits secs pour vous , et pour moi qui ne suis qu'un écujer, de quelque chose de plu» nourrissant. — Je ne t'ai pas dit , Sanclio , que nous ne devions manger que des Iruits secs , mais qu'il était vraisemblable que c'était la nourriture ordinaire des chevaliers , ainsi que certaines herbes que je connais. — Ah ! tant mieux, monsieur, je suis bien aise que vous iinaissiez ces herbes-là; car tn'cst avis que MK'lquc jour nous eu aurons sûrement l)esoin. En s'entretenant ainsi, nos deux aventulicrs dînaient ensemble. Le désir de trouver un gîte avant la nuit Icurfit abréger leurfrugal rt-pas: niais, malgré leur diligence, bî soleil

Page 1