PARTIE I, CHAP. I
pour lui , plus utile à sa patrie, que de ressusciter la chevalei'ie errante , en allant lui-même à cheval , armé comme les paladins , cherchant les aventuies , redressant les torts , réparant les injustices. Le pauvre homme se voyait déjà conquérant par sa valeur l'empire de Trébisonde. Enivré de ces espérances , il lésolut aussitôt de mettre la main à l'œuvre. La première chose qu'il fit , fut d'aller chercher de vieilles armes couvertes de rouillé, qui depuis '-on bisaïeul étaient restées dans un coin. Il les nettoya, les rajusta le mieux qu'il put; mais il vit avec chagrin qu'il lui manquait la moitié du casque. Son adresse y suppléa ; il fit cette moitié de carton , et parvint à se fabriquer quelque chose qui ressemblait à un casque. A la vérité , voulant éprouver s'il était de bonne trempe, il tira son épée, et , le frappant de toute sa force, il brisa du premier coup tout son ouvrage de la semaine. Cette promptitude à se rompre ne laissa pas de lui déplaire dans un*c^squc. Il recommença son travail, et, rctte fois , ajouta par-dessus de petites bandes (Ir- fer qui le rendirent un peu plus solide. Satisfait de son invention , et ne se souciant plus l'en faire une nouvelle épreuve, il se tint pour lès bien armé. Alors il fut voir soa cheval , et quoique la pauvre bête ne fût qu'un squelette