‹ Don Sanche d'AragonChapitre 101 sur 111 · D . RAIMOND · texte numérisé non relu

D . RAIMOND

Sortant d'une prison de plus de six années,

Je l'ai cherché, Madame, où, pour les mieux braver.

Par l'ordre du feu roi je le fis élever.

Avec tant de secret que même un second père.

Qui l'estime son fils, ignore ce mystère. 1750

Ainsi qu'en votre cour Sanche y fut son vrai nom.

Et l'on n'en retrancha que cet illustre Don.

Là j'ai su qu'à seize ans son généreux courage

S'indigna des emplois de ce faux parentage ;

Qu'impatient déjà d'être si mal tombé, 1755

A sa fausse bassesse il s'était dérobé;

Que, déguisant son nom, et cachant sa famille,

Il avait fait merveille aux guerres de Castille,

1745. 11 semble que fière.'i ne soit pas le mot juste ; mais ce mot, qui vient du latiu férus, farouche, n'était pas aussi éloigué alors qu'aujourd'hui de son sens étymolof^ique.

1754. Parentage. Mdnagc (-erit, à propos «fun vci'S de l'ode de Malherbe au duc de BcUegardc : « Ce mot, quoique vieux, ne laisse pas d'ùtro beau, et il est bien plus poétique que celui i\i^ parenté. » M. Marty-Lavcaux dit que ce mot, dordinairc, désif^ne tous les parents réunis. La Fontaine pourtant, et Boileau l'ont employé dans le sens de parenté, et Racine, dans une de ses lettres à Boileau, répète, on l'appliquant ironiquement à une visite importune toute récente, le vers écrit par son ami

dans l'K pitre \\ :

L'n cousin abusaot d'ua làeheux pirentagr...

1758. Corneille avait déjà écrit dans le Cid (1153), tragi-comédie, il est vrai, autant que tragédie :

Ma cliimiire, il i^it vrai qu'il a fait d"g mcr- [veillfs.

Littré cite cet exemple de Don Sanche y»our prouver qu'on aurait tort d'établir une distinction trop nettement tranchée entre faire men^eille (dit des choses qui font très bien), et faire merveille ou des merveilles (dit des personnes qui ont fait des choses merveilleuses).

Au reste, il fait mevreille envers autant qu'en

[prose.

(Molière, Femmes savantes, lll. l.i

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