‹ Don Sanche d'AragonChapitre 102 sur 111 · ACTE V , SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE VII

D'où quelque sien voisin depuis peu de retour

L'avait vu plein de gloire, et fort bien en la cour; 1760

Que du bruit de son nom elle était toute pleine,

Qu'il était connu même et chéri de la R.eine :

Si bien que ce pêcheur, d'aise tout transporté,

Avait couru chercher ce lils si fort vanté.

DonRaimond, sivosyeuxpouvaientle reconnaître... 1765

Oui, je le vois, jNladame. Ah! Seigneur! ah ! mon maître!

D . LOPE

Nous l'avions bien jugé : grand prince, rendez-vous; La vérité j)araît, cédez aux vœux de tous.

D . L É o N o R Don Sanche, voulez-vous être seul incrédule?

CARLOS

Je crains encor du sort un revers ridicule; 1770

Mais, Madame, voyez si le billet du Roi Accorde à don Raimond ce qu'il vous dit de moi.

D. LÉONOR ouvre l'écrln, et en tire un billet qu'elle lit.

Pour tromper un tyran je vous trompe vous-même. Vous reverrez ce fils que je vous fais pleurer : Cette erreur lui peut rendre un jour le diadème; 1775 Et je vous l'ai caché pour le mieux assurer.

Si ma feinte vers vous passe pour criminelle. Pardonnez-moi les maux qu'elle vous fait souffrir. De crainte que les soins de l'amour maternelle

1760. Var. : tlt'shonneur, fait donc bica peui" à ce

Kt fort bien dnns la cour. flGoO-Gu.; vaillant et valant liomme ?

Et fort bioti à l,i cour. (1602) 1TT2. C'est-à-dire : si le billet du roi

1766. C'est la reconnaissance classi- est d'accord avec les paroles de don <|ue. Mais elle dispenserait, ce semble, Raimond.

delà rcconnaissanccau moyen derécrin. 177.3. Ces écrins mystérieux, ces bil-

1767. Les comtes triompiient par l'or- lets révélateurs, ce sont des procédés ^'ane de don Lope : ils étaient si sûrs de trajri-comédic, et Corneille y a plus lie leur fait! dune fois recours.

1769. On voudrait sentir plus d'émo- 1777. Ma feinte vers votis^ la feinte dont lion et de trouble dans les paroles d'une j'ai usé envers vous ; voyez les vers 67'J, iiiiTo qui retrouve son fds. 608, 7I{7, 789, V.ShO.

1770. Le » ridicule », qui, selon La 1779. Corneile l'aisait d'abord indif- Hocliefoucaiild, déshonore plus que le fi'rcmiiient fimiiiir ilu masculin ou du

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Par leurs empressements le fissent découvrir. 1780

Nugne, un pauvre pécheur, s'en croit être le père • Sa femme en son absence accouchant d'un fils mort, Elle reçut le votre, et sut si bien se taire Que le père et le fils en ignorent le sort.

Elle-même l'ignore ; et d' un si grand ccliange 1785

Elle sait seulement qu'il n est pas de son sang. Et croit que ce présent, par un miracle étrange. Doit un jour par vos mains lui rendre son vrai rang.

A ces marques, un jour, daignez le reconnaître ; Et puisse r Aragon, retournant sous vos lois, 1790

Apprendre ainsi que vous, de moi qui l'ai vu naître, Que SancJie, fils de Nugne, est le sang de ses rois!

Don Fernand d'Aragon.

D. LÉONOR, après avoir lu.

Ah! mon lîls, s'il en faut encore davantage, Groyez-en vos vertus et votre grand courage.

CARLOS, à D. Léonor.

Ce serait mal répondre à ce rare bonheur 1795

Que vouloir me défendre encor d'un tel honneur. [A D. Isabelle.)

Je reprends toutefois Nugne pour mon vrai père, Si vous ne m'ordonnez, Madame, que j'espère.

D. ISABELLE

C'est trop peu d'espérer, quand tout vous est acquis.

féminin; Racine et Molière de même, a l'enthousiasme et l'affection paisibles. Vaugelas ne se prononçait pas, mais 1796. //o/i^ipin' seulement ? Et le bonpenchait pour le féminin; Ménapfe pré- heur, oii est-il? oii le sent-on ? Carlos, î'ére au contraire le masculin, et le mas- « reconnu pour don Sanche » (éditions culin l'emporta dès lors. Bien qu'il eût de 1650-GO), est devenu du premier coup corrigé plusieurs vers où amour était un prince, et sait discipliner ses sentiféminin, Corneille en aniaintenu intacts ments : il faut laisser aux « aventuriers» beaucoup d'autres, tant dans ses pre- les émotions indiscrètes. On peut jup^er miers que dans ses derniers ouvraj^es, même qu'il est bien pressé de se tourne)- Cid, 1762; Hoiurc, 115; Menteur, \Q'è2 ; vers D. Isabelle en se détournant de Agésilas, 1)21. — La précaution de don D. Léonor et en oubliant le vieux ])è- Fernand d'Aragon, singulière au pre- cheur, ce père putatif (|ui lui inspirait mier abord, est ainsi expliquée. Si pour- peu d'instants auparavant des accents tant l'enfant était mort inconnu ? si éloquents.

1792. Var. : Est le fils de nos rois. 1799. La spirituelle ettoute charmante (1792.) D. Isabelle ne s'attendrit pas, bien

1793. Ona déjàobscrvé queD. Léonor <)u'éniuc au fond du cœur; elle n'est

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