‹ Don Sanche d'AragonChapitre 111 sur 111 · PORCIA · texte numérisé non relu

PORCIA

Tu t'exposes à de graves reproches : songe à ta renommée, à ton nom; réfrène celte inclination!

La R e I >' e

Les étoiles (le destin) entraînent mon àme.

P o R C I A Elles ne peuvent triompher de l'àme, qui est libre.

Carlos

La pitié d un pécheur de ces rivages m'a élevé, car le ciel rigoureux m'a refusé jusqu'à un père. Comme on le raconte de Vénus, je puis te dire que la mer me donna naissance : ses flots mont servi de père et de mère, ainsi que ses rochers. Si j'étais un barbare ou un païen, je croirais, comme Alexandre, que Jupiter m'engendra ; Jupiter, le dieu des tonnerres et de la foudre. Je suis né comme Romulus, <2t entre les filets et les barques, qui sont des embûches de toile et de hêtre contre les poissons argentés. Mais mon ambition ne s'attaquait qu'aux poissons du Zodiaque (me poussait vers les cieux) ; ma pensée souveraine s'élançait à travers les sphères. Enfant, je me jetais au sein des flots, et il ne m'échappait point, ce corail, qui naît vert, vit blanc, et meurt rouge. J'ai pénétré leur sein obscur, faisant trêve avec mes bras aux luttes intestines des vaillants dauphins. Je formais des bouillonnements neigeux au milieu des champs d azur où les vents forment des promontoires d'albâtre. Je grandis et avec moi grandirent ma valeur et mon intrépidité, au point que ne pouvant plus tenir dans la sphère des prudents et des sages, elles se portaient avec violence, pour se -donner du large, jusqu'aux excès de la témérité : car la bravoure, à moins d'être extrême, n'est ni fameuse ni honorée. Je suivis mon penchant guerrier : car la réputation et la valeur sont le creuset où s'éprouvent les grands desseins. Je marchai plein d'une noble ardeur sous les bannières d'Eduardo, lorsque dans la fertile Calabre il vainquit les Napolitains. Je fus le premier qui montai sur le rempart de Casano, déployant un taffetas rouge au haut d'une pique, en guise d'étendard... Ils furent témoins de cet exploit, ceux qui me refusent un siège... Mes commencements, reine,

furent tels; tel est le fond que j ai acquis ^ Je ne suis rien de plus, je ne possède rien de plus. Le monde m appelle Carlos; les soldats, le prodige ; les courtisans, le sage ; ceuxci m'appellent Plébéien, et moi je m'appelle votre créature ^.

^les pensées s inclinent prodigieusement vers Carlos; sans que la raison puisse les gouverner, elles courent, libres du frein. Porcia, que dois-je faire?

P o R G I A Te vaincre, et considérer que tu es la Reine et que tu dois donner à la Sicile un roi qui soit bien accueilli de tous. Corrige le goût de tes yeux, ne t'abandonne pas à ce caprice pour un inconnu.

Jj X Reine Assieds-toi, Carlos, car je te fais noble.

C A II L o s ^ladame, que Ton Altesse vive les années du phénix 1

{Il rrt poiw s'asseoir-.)

Le Duc

Madame, si Votre Altesse ne garde pas les droits des hommes de qualité, elle décourage et annihile la noblesse de ce royaume.

La F»^ e I n e

Je nhériterais pas, dans ce royaume qui est mien, des dettes du roi mon oncle? Non seulement je puis, mais je dois, pour être juste, donner à un brave soldat la récompense qu Edouard lui eût accordée, sil eût vécu. Ainsi, quoique ce siège, duc, vous appartienne, c'est moi qui garantis son honneur. Acceptez donc cette fois celte garantie. Passez à ce banc, marquis !... Vous êtes marquis de Terranova.

Carlos

Madame, tu peux concourir en magniilcence avec Alexandre, car tes grâces sont plus prodigues encore. Comme ta

1. Il a parlé plus haut du laurier. 2. I( i le lonjj récit des exploits de

^irix de ses exploits. Carlos.

majesté sacrée est une image de Dieu, tu imites la divinité par tes bienfaits, et en faisant quelque chose de rien. Je baise mille fois tes pieds. Que ton royaume s'étende plus que cette mer. Chevaliers, faites-moi place.

A la bonne heure, marquis.

{Ils s assoieiit.)

J'ai négligé à dessein les facéties du valet bouffon Yarlovento. Conçoit-on un Mascarille ou môme un Cliton près du lier Carlos, cet aventurier de la façon de Corneille, ce futur don Sanche d'Aragon ? Le contraste eût été trop fortement marqué entre ce héros et ce grotesque ; ce n'eût plus été une tragi-comédie du temps de la Fronde, mais un drame romantique, et les romantiques peuvent bien revendiquer Corneille pour leur ancêtre, mais Corneille peut-être, plus classique au fond qu'ils ne pensent, se fût étonné de certaines audaces incohérentes du romantisme au théâtre. 11 a maintenu Porcia (Blanche) dans son emploi de confidente ; mais la suivante de D. Isabelle, si elle parle à la reine sur le ton d'une amie souvent familière, parfois ironique, ne se hasarde pas jusqu'à mêler à ses conseils des reproches. C'est qu elle ne mérite aucun reproche, en vérité, dans sa tendresse raisonnable, cette fine D. Isabelle, qui jusqu'en la passion garde la tête libre, qui même semble prendre plaisir à se créer à elle-même des obstacles et à en triompher :

Demeure, et tu verras ai>ec combien d'adresse Ma g-loire de mon âme est toujours la maîtresse.

Ma gloire, voilà pour la tragédie ; avec adresse, voilà pour la comédie. Il faut avouer que sa « gloire » remporte une victoire facile. Ce n'est pas cette petite reine aima])le et discrète qui jetterait ce cri, intraduisible en français, de la passion fatale :

Me arrebatan las estrellas El aima.

Car toutes les héroïnes de (Corneille lui répondraient ce que Porcia répond : « l^a destinée ne contraint pas l'àme

qui esl libre. » Notez que chez Lopcz la reine de Sicile connaît à peine 1 aventurier vers qui les « étoiles » 1 entraînent. Notez aussi que ce matamore n'a rien vrainuMil d'irrésistible : déclamateur prétentieux, bavard jamais à court d'exemples mythologiques et historiques, il étale, il impose son « moi » de telle façon que la reine est inexcusable de l'épouser, et après 1 avoir épousé, de se plaindre. Emphase et bel esprit, Lope et Gongora, tout cela, sans doute, a laissé quelques traces chez Corneille. Lorsque Carlos, par exemple, se compare au Dieu créateur qui fait « beaucoup de rien », il excède peut-être la mesure. Mais, à l'ordinaire, il parle en Espagnol à qui un Français aurait donné des conseils de discrétion, et qui les suivrait, autant qu'il peut les suivre. De loin en loin, la nature reprend ses droits, et le couplet s'achève en fanfare. Vaguement francisé, surtout dans les scènes de galanterie, il reste, dans l'ensemble. Espagnol. On a vu que Corneille l'était plus que Lope dans le beau coup de théâtre, en apparence tout castillan, qui fait Carlos marquis de Santillane et comte de Pefiafiel. Au besoin même, quand Lope n'est pas assez espagnol à son gré. Corneille emprunte un trait, un vers retentissant à Y Examen des esprits, de Juan Huarte * :

Ma valeur est ma race, et mon bras est mon père.

La comparaison, d'ailleurs, ne l'oublions pas, nv peut porter que sur une scène. Avec une résolution décidément espagnole, cette fois, dès la première journée. Mathilde épouse Carlos, et le roman finit, à peine commencé. Mais, dans le pays de M""^ de Scudéry, « en venir de but en blanc à lunion conjugale, et prendre justement le roman par la queue 1 » Corneille n y pouvait songer : le mariage, il le pensait avec Magdelon, ne doit jamais arriver qu'après les autres aventures. Pour mériter Isabelle, Carlos doit être soumis à plus d une épreuve. C'est ici qu'intervient le sieur de Juvenel : il propose une intrigue qui n est pas pressée d aboutir au dénouement, mais où le dénouement pourtajit

1. L.inson, Choix de Lrttres du AT'//' en \Ty~~y, et traduit on 1580 par Clia]»siecle. Hachette, 4*= édit., 189.3, p. 8."j, i>viis, Lyon. n. 2. h'Exameii des esprits a été publié

est le point d'alîoutisseiuent naturel, nécessaire de Fin- Irigue, car ici la reconnaissance n'est plus un fait isolé, sans lien étroit avec ce c[ui précède : on l'espère, on l'attend, on la voit venir sans trop d'impatience, parce qu'on est certain qu'enfin elle viendra. // nest pas possible qu'étant ce qu'il se sent être, ce que tous pressentent qu'il est, le fils du paysan Hipparque ne soit pas reconnu au dénouement pour dom Pelage. C'est à l'inévitable reconnaissance que l'auteur s achemine d'un pas nonchalant, et le lecteur du temps n'était pas, sans doute, plus pressé que l'auteur. Seulement, ce qui n'était qu indiqué chez le sieur de Juvenel, Corneille y appuie avec une insistance bien amusante dans sa naïveté. Comment le sang d'un tel homme pourraitil n'être « formé que de boue » ? D. Léonor l'établit, au début du quatrième acte, avec une réelle force de logique : sa haute vertu, sa fierté, son port majestueux, cette inclination qui entraîne vers lui deux princesses, cette adoration du peuple, tout le prouve, Carlos est généreux de race aussi bien que d'àme. Pour s en convaincre il suffit de le regarder :

.... Le vrai sang des rois, sous le sort abattu, Peut cacher sa naissance et non pas sa vertu. Il porte sur le front un luisant caractère, Qui parle malgré lui de tout ce qu'il veut taire.

En vain, il se débat et s'indigne, certain, ou croyant lètrc, de la « honteuse obscurité » de sa naissance, avec une douce obstination D. Léonor l'assure qu'il ne se connaît pas :

Cette noble fierté désavoue un tel père.... Non, le fils d''un pêcheur ne parle -point ainsi.... Je le soutiens, Carlos, vous n'êtes point son fils : La justice du ciel ne peut l'avoir permis.

Cette démonstration est irréfutable. Eux-mêmes, ses aristocratiques rivaux, d'abord si arrogants, s'effacent devant lui : îi ses dénégations irritées ils opposent de respectueux démentis, et l'assoient malgré lui dans le trùne d'Aragon :

Tant de valeur mérite une source plus belle.

11 mérite d'être roi : doue il lest. L'événement donne raison à D. Lconor; il faut bien que Carlos ouvre les yeux à Févidence : « Grand prince, rendez-vous! » Il se rend après une belle défense, mais il faut qu il se rende, car rien ne s'explique sans celte reconnaissance, et tout s'explique par elle :

Je ne m'étonne plus de lorgueil de mes vœux.

Et par là aussi se justifie la conduite de don Alvar, de don Manrique et de don Lope envers Carlos, bien que chez tous trois elle n'ait pas été la même : don Alvar a estimé en Carlos « la vertu toute nue » ; il a eu raison. Don Manrique et don Lope l'ont dédaignée longtemps : ils n ont pas eu tort, et c'est Carlos qui se charge de tout concilier :

Votre dédain fut juste autant que son estime.

Tout dépend du point de vue : du sommet où il est moulé, Carlos, transfiguré en don Sanche, voit et comprend bien des choses qui lui échappaient, vues d'en bas. Seulement, que devient son beau cri :

La bassesse du sang- ne va point jusqu'à rame.'

Car il est bien vrai qu il n'est dit imlle part, dans celle pièce : La bassesse de la naissance entraîne nécessairement la bassesse profonde et irrémédiable de lame. Mais, ou la pièce n a pas de sens, ou elle signifie : Une certaine noblesse de 1 àme suppose la noblesse de race. Ceci est proprement la part de Corneille; mais c est aussi la part de son temps, d un temps qui 1 enveloppait et le pénétrait, sous la toge romaine comme sous le manteau castillan.

Mais il y a autre chose, dans Don Sanche, qui est bien de Corneille et bien de son temps. Le deuxième et le troisième actes sont presque entièrement composés de longues conversations, oîi les sentiments s'analysent et s'opposent, mais qui ne font guère avancer 1 action. Le lecteur moderne renverrait volontiers au roman ces dialogues curieusement subtils. Il considère sans émotion le cœur du vaillant Carlos lamentablement partagé entre deux princesses, et chacune

de ces princesses, à son tour, recherchée, Elvire par deux. Isabelle par quatre prétendants. Mais Corneille, loin de croire e)icombrantes et superflues ces scènes de galanterie raffinée, y voyait le meilleur de sa comédie héroïque. « Les sentiments du second acte, écrit-il dans YExaiueii, ont autant ou plus de délicatesse qu'aucuns que j aie mis sur le théâtre. L amour des deux reines pour Carlos y paraît très visible, malgré le soin et l'adresse que toutes les deux apportent à le cacher dans leurs différents caractères, dont l'un marque plus d'orgueil et 1 autre plus de tendresse. » Si Ion suit ces indications si nettes données par Corneille lui-même, on s'aperçoit quElvire est une princesse de

roman à la Scudéry, et qu'Isabelle est une femme de

Marivaux.

Elle est intimement et voluptueusement romanesque, cette D. Elvire, un peu sèche, mais intelligente, fine et volontaire, qui serait insupportable dans son manège trop prudent, si elle ne mêlait à un sens très positif des réalités un goût très marqué pour les chimères.

Sa naissance inconnue est peut-être sans tache.

Vous la présumez basse à cause qu'il la cache;

Mais combien a-t-on vu de princes déguisés

Signaler leur vertu sous des noms supposés.

Dompter des nations, gagner des diadèmes.

Sans qu'aucun les connût, sans se connaître eux-mêmes?

Elle est coquette, et impérieuse, et jalouse plus qu'aimante : dans la scène iv de l'acte II elle accumule les distinctions, les épigrammes, les insinuations, les promesses qui n'engagent pas, les réticences provocantes; elle ne donne pas son cœur tout entier, mais veut tout entiers les cœurs des autres :

Un cœur n'est à personne alors qu'il est à deux.

Elle incline vers Carlos, mais elle ménage D. Alvar, et, quand ce fidèle soupirant, respectueusement importun, la presse de se prononcer, elle fait toutes sortes de façons pour ne pas dire : « Je vous aime » :

Ce mol est un peu rude à prononcer pour nous; Souffrez qu'à ni'expliquer j'en trouve de plus doux, Je vous dirai beaucoup, sans pourtant vous rien dire.

Mais cela, c'est déjà du marivaudage. Je n'ignore pas qu'une comparaison entre Corneille et Marivaux étonnerait ceu.x qui croient connaître Corneille, et ils sont nombreux ; je u ai, d ailleurs, nul dessein d y insister. Mais que sont donc, non pas pour le fond peut-être, mais pour le dialogue, les premières comédies de Corneille, sinon des marivaudages avant Marivaux, un peu de sentiment, de poésie parfois, dans beaucoup d'esprit? Et qu est donc cette exquise D. Isabelle, trop raisonneuse, sans doute, çà et là, mais plus femme que D. Elvire, plus inquiète, qui aime Carlos, qui s'en veut de 1 aimer, et qui enfin, comme la Silvia des Jeux de l amour et du hasard, voit clair dans son cœur, et qui est si heureuse alors d aimer au grand jour, mais qui aussi, toujours réservée dans l'expression de ses sentiments, même au moment où s'épanouit son àme, échappe à l'embarras de l'aveu par un sourire où il y a de la malice et de la tendresse à la fois?

Je vous avais fait tort en vous faisant marquis.

Cette reine, une reine de Corneille, est aussi une femme, et la délicatesse de la femme tempère heureusement la fierté de la reine. L'altier don Manrique la blesse par ses défiances ; mais elle veut fermer les yeux « sur un crime d'amour ». Elle garde intacte sa dignité royale, mais elle prépare, aiguise et d avance savoure une vengeance bien féminine. Comme elle lexplique à Blanche, c'est à ses rivaux jaloux que Carlos doit tous ses titres d'honneur : ils refusaient tout à Carlos, elle lui a tout donné; son autorité contestée, sa générosité combattue, sa tendresse secrètement blessée, ont emporté tous les obstacles :

Ce torrent grossissait, rencontrant cette dig-ue.

Le don de l'anneau, qui fera un roi au choix de Carlos, est encore une vengeance, et spirituelle; d ailleurs, elle a espéré que, choisi par lui, l'un quelconque des prétendants

Recevrait de sa main la qualité d'aimable.

Au fond, c'est tout autre chose qu'elle espère. Quoi? elle ne sait, mais lespérance lui est d'autant plus douce qu'elle est plus incertaine. La proposition inattendue qu'elle fait aux Comtes (III, iv) n'est peut-être pas seulement un piège qu'elle tend à leur orgueil égoïste : ne pouvant élever Carlos jusqu'à elle, elle veut du moins le rapprocher d'elle en le perdant. Si l'un des Comtes acceptait l'alliance de Carlos, elle en serait à la fois satisfaite et attristée : femme qui aime, elle est ou se croit prête à se sacrifier pour Carlos, mais elle n'est point fâchée de ne pas réussir; femme d'esprit, soulagée par le refus hautain des Comtes, elle jouit malicieusement de leur déconvenue. Vis-à-vis de Carlos, son manège ingénu est très compliqué en apparence, très simple au fond. Elle se courrouce des sentiments, pourtant si timides, que Carlos lui laisse deviner :

Ah! si je vous croyais si vain, si téméraire.,..

Mais elle se courrouce aussi quand il ne les lui déclare pas assez clairement :

Ah! ce n'est pas pour moi qu'il est si téméraire!

Elle veut, plus ou moins sincèrement, le marier, mais qu'il se marie lui-même, non pas.

Je veux donner son cœur, non que sou cœur le donne.

C'est une âme tempérée, mais charmante. Et c'est une grande école de galanterie délicate que la société de D. Isabelle et de D. Elvire. Carlos y est un peu novice, et certaines nuances lui échappent d'abord ; puis il se familiarise avec cet état et ce style nouveaux pour lui. D'abord il sait tout au plus mourir par métaphore, et il faut avouer qu'il fait assez piteuse figure en face de D. Isabelle, si habile au jeu des aveux détournés :

Je ne le cèle point, j'aime, Carlos, oui, j'aime....

APPENDICK 167

OU en face des savantes coquetteries de D. Elvire ; dans son embarras, il ne peut que s écrier, et le cri n a rien d héroïque :

Je voudrais toutes deux pouvoir vous satisfaire!

Mais sou éducation est vite faite, et il justifie avec aisance ce double amour, si froidement équivoque, en homme à qui sont familiers les détours du pays de Tendre :

Pour n'en adorer qu'une il eût falki choisir. Et ce choix eût été du moins quelque désir, Quelque espoir outrageux d'être mieux reçu d'elle, Et j'ai cru moins de crime à paraître infidèle... Qui n'a rien à prétendre en peut hien aimer deux.

Beaucoup de roman, très peu d histoire, quelques réminiscences éclatantes du théâtre espagnol, quelques conversations écoutées dans les ruelles et transportées à la scène, un préjugé aristocratique qui s'étale, étrangement mêlé çà et là à de vagues instincts de fierté plébéienne, du sublime qui confine à l'emphase, mais y tombe rarement, du délicat qui ne dégénère pas toujours en bel esprit, voilà de quoi est faite une comédie héro'ique de Corneille.

Page 1