‹ Don Sanche d'AragonChapitre 14 sur 111 · Juvénal, Sat,, I, 14, dit : Exspecteseadem a summo · texte numérisé non relu

Juvénal, Sat,, I, 14, dit : Exspecteseadem a summo

EXAMl'N DE DON SAN C HE D ARAGON 37

Don Raimond et ce pécheur no suivent point la règ-le que j'ai voulu établir, de n'introduire aucun acteur qui ne fût insinué dès le premier acte, ou appelé par quelqu'un de ceux qu'on y a connus. Il m'était aisé d'y faire dire à la reine D. Léonor ce qu'elle dit à l'entrée du quatrième; mais si elle eût fait savoir qu'elle eût un fils, et que le roi, son mari, lui eût appris en mourant que D. Raimond avait un secret à lui révéler, on eût trop tôt deviné que Carlos était ce prince. On peut dire de D. Raimond qu'il vient avec les députés d'Aragon dont il est parlé au premier acte, et qu'ainsi il satisfait aucunement i à cette règle ; mais ce n'est que par hasard qu'il vient avec eux. C'était le pêcheur qu'il était allé chercher, et non pas eux; et il ne les joint sur le chemin qu'à cause de ce qu'il a appris chez ce pêcheur, qui, de son côté, vient en Castille de son seul mouvement, sans y être amené par aucun incident dont on ait parlé dans la protase -; et il n'a point de raison d'arriver ce jour-là plutôt qu'un autre, sinon que la pièce n'aurait pu finir s'il no fût arrivé.

L'unité de jour y est si peu violentée, qu'on peut soutenir que l'action ne demande pour sa durée que le temps de sa représentation. Pour celle de lieu, j'ai déjà dit que je n'en parlerais plus sur les pièces qui restaient à examiner en ce volume 3. Les sentiments du second acte ont autant ou plus de délicatesse qu'aucuns que j'aie mis sur le théâtre. L'amour des deux reines pour Carlos y paraît très visible, malgré le soin et l'adresse que toutes les deux apportent à le cacher dans leurs différents caractères, dont l'un marque plus d'orgueil, et l'autre plus de tendresse. La confidence qu'y fait celle de Castille avec Blanche est assez ingénieuse; et, par une réflexion sur ce qui s'est passé au premier acte, elle prend occasion de faire savoir aux spectateurs sa passion pour ce brave inconnu, qu'elle a si bien vengé du mépris qu'en ont fait les comtes. Ainsi on ne peut dire qu'elle choisisse sans raison ce jour-là plutôt qu'un autre pour lui en confier le secret, puisqu'il paraît qu'elle le sait déjà, et qu'elles ne font que raisonner ensemble sur ce qu'on vient de voir représenter.

1. Auriinement ; voyez la note 1 de l'exposition du sujet, (lue la protase... ? » la p. 'M. De rncîme dans la iiréfacc de Dérê-

2. La protase, c'est la partie du nire. Racine s'égaiera aux dépens de poème dramatique « où doit se faire l'abbé de Villars, (|ui parle de protase la proposition et l'ouverture du sujet ». comme s'il entendait ce mot. (CornclUe, Disroiir.'! rtii pncmr (Irnmatiqiir.) 3. Var. (1692) : qui restaient à On sait comment Molière, dans la Cri- examiner. — « Il lui faut la même tique rie l'Ecole des femmes, s'éjraie aux indulgence pour l'unité de lieu qu'à dépens des pédants qui ont la bouche Rodogune. La plu])art des poèmes qui rcmj)lie de ces grands mots : " Pensez- suivent en ont besoin, et je me disvous (|u"un nom grec donne plus de penserai de le ré|>éter en les examipoids .1 vos raisons? et n<' trouveriez- nant. » (Examen d'Héracliiis.)

vous pas qu'il fût aussi beau de dire

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