‹ Don Sanche d'AragonChapitre 49 sur 111 · D. ISABELLE. CARLOS, BLANCHE · texte numérisé non relu

D. ISABELLE. CARLOS, BLANCHE

D . ISABELLE

Vous avez bien servi, marquis, et jusqu'ici

Vos armes ont pour nous dignement réussi :

Je pense avoir aussi bien })ayé vos services. 4G5

Malgré vos envieux et leurs mauvais offices, J'ai fait beaucoup pour vous, et tout ce que j'ai fait Ne vous a pas coûté seulement un souhait. Si cette récompense est pourtant si petite

451. Z'e/io/it, directement, en les abor- 4Ô7. Feiptaut, en feignant, comme au

dant, en les heurtant de front, eu face, vers 414. Sur rompre, pour empêcher,

45i. « A une représentation de la annuler, voyez nos éditions classiques

pièce dont nous fûmes témoins, et qui ^e Cmn», 1j80; PoUjciule, 56, 171o;

eut lieu k l'époque où les parlements ^K^omcde, 2o, 280.

refusaient d'enregistrer quelques édils 4o8. \ ah. : si je le puis remettre,

de Louis XV, ces vers furent applaudis {16oO-.}6.j

de manière à donner de l'inquiétude 4ul. \ au gouvernement, qui les fit supprime

Demeure et sois témoin avec combien d'adresse (lf.50-oG.)

à lareprésentation suivante. .. (Paii:,sot.) i^^^. Elle répond à ce que Blanche lui

*''"• a dit de sa « gloire » un moment me-

II sied moins d'offenser à qui tout est permis, nacée par son amour.

^ . (Rolrou, IpUigénie, II. 2.) 46.-, La situation est embarrassante.

Qui peut impunément prendre toute licence p Isabelle y fait preuve de beaucoup

Doit d autant moins vouloir nu il a plus «le . '^"•'"^ '^ .y • i ... \

nuisiancc. *^^ sang-froid : cet exordc insinuant

(Id., Don Bernard, IV, i.; n'est pas sans finesse.

Qu'elle ne puisse aller jusqu'à votre mérite, 470

S'il vous en reste encor quelque autre à souhaiter, Parlez, et donnez-moi moyen de m'acquitter.

CARLOS

Après tant de faveurs à pleines mains versées, Dont mon cœur n'eût osé concevoir les pensées, Surpris, troublé, confus, accablé de bienfaits, 475

Que j'osasse former encor quelques souhaits!

D . ISABELLE

Vous êtes donc content; et j'ai lieu de me plaindre.

CARLOS

De moi ?

D . ISABELLE

De VOUS, marquis. Je vous parle sans feindre : Ecoutez. Votre bras a bien servi l'Etat, Tant que vous n'avez eu que le nom de soldat; 480

Dès que je vous fais grand, sitôt que je vous donne Le droit de disposer de ma propre personne, Ce même bras s'apprête à troubler son repos, Comme si le marquis cessait d'être Carlos, Ou que cette grandeur ne fût qu'un avantage 485

Qui dût à sa ruine armer votre courage. Les trois comtes en sont les plus fermes soutiens : Vous attaquez en eux ses appuis et les miens; C'est son s;uig le plus pur que vous voulez répandre; Et vous pouvez juger l'honneur qu'on leur doitrendre, 490 Puisque ce même Etat, me demandant un roi, Les a jugés eux trois les plus dignes de moi.

Peut-être un peu d'orgueil vous a mis dans la tête Qu'à venger leur mépris ce prétexe est honnête : Vous en avez suivi la première chaleur; 495

Mais leur mépris va-t-il jusqu'à votre valeur?

MO. C'est tout un discours, et qui se Voyez le Cid, 838, 873, 1253; Horace,

déploie avec autant de souplesse que 17(!1; Pompée, 1449; Meilleur, 840;

de di-.iité habile. Ho,lo^u„r, 1016, 14C7 ; Mcomèdc, 635.

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