‹ Don Sanche d'AragonChapitre 50 sur 111 · Var · texte numérisé non relu

Var

C'est d'uu nouveau chrùùcn la première cha- ., . , ., ... , . i .,

\leur ^'''^'" oot"''^ méprise vous et votre valeur .'

{Polycucte, 936.

(IGoO, in-8o.)

ACTEII, SCENEII 67

X'en ont-ils pas rendu témoignage à ma vue?

Ils ont fait peu d'état d'une race inconnue,

Ils ont douté d'un sort c|ue vous voulez cacher :

Quand un doute si juste aurait dû vous toucher, 500

J'avais pris quelque soin de vous venger moi-même.

Remettre entre vos mains le don du diadème,

Ce n'était pas, marquis, vous venger à demi.

Je vous ai fait leur juge, et non leur ennemi;

Et, si sous votre choix j'ai voulu les réduire, 505

C'est pour vous faire honneur et non pour les détruire.

C'est votre seul avis, non leur sang que je veux ;

Et c'est m'entendre mal cjue vous armer contre eux.

N'auriez-vous point pensé que, si ce grand courage Vous pouvait sur tous trois donner quelque avantage, 510 On dirait que l'État, me cherchant un époux, N'en aurait pu trouver de comparable à vous? Ah! si je vous croyais si vain, si téméraire

Madame, arrêtez là votre jusle colère;

Je suis assez coupable, et n'ai que trop osé, 515

Sans choisir pour me perdre un crime supjiosé.

Je ne me défends point des sentiments d'estime Que vos moindres sujets auraient pour vous sans crime. Lorsque je vois en vous les célestes accords Des grâces de l'esprit et des beautés du corps, 520

Je puis, de tant d'attraits l'âme toute ravie, Sur l'heur de votre époux jeter un œil d'envie;

498. Peu d'èuil, peu de cas; voyez le J'épouse une princcsi-e en qui les rfou.!; «records

vers ."ÎGO ^^'''' grâces de l'esprit ai-ec celles dit corps

508. Sur ce témoin D. Isabelle est forment le plus brillant et plus "'"O •''•^em-

très forte, car le nouveau marquis q^-^ ^^-^.^^ orner une âme et parer un visage*!

semble être dans son tort; mais il tort qu'en apparence et elle est au fond

(Suréna. '■iS'i.j

sa complice. , •'--• ^F'"'^'* ^'«"gclas, La lîruyère

513. Mal-rc elle, elle v revient; elle (^^? <l"elques ,««-.5) regrettait la dispa-

veut savoir jusqu'à quel" point il a été "'.'«^ ^f ^'^ "^°* ^} français heur, qu. a

téméraire, et il ne lui déplaira peut- a.t /.o«A.»/- et qu. subsiste encore dans

être pas qu il l'ait été à l'excès. '=' locution heur et malheur. Dans la se-

51<J. Les accords, l'harmonie, exprès- '"""'/.V" >;•'.'".': du xvii*' siècle, il avait

sion banale empruntée au langage de vieilli. Mais .1 survit en des vers fameux

Ja galanterie .ontemporaine. '^^"™"'*^ '-'^"^ ^" ^"'' ^^^-

68 DON SAXCHi: D ARAGON

Je puis contre le ciel en secret murmurer

De n'être pas né roi pour pouvoir espérer;

Et, les yeux éblouis de cet éclat suprême, 525

Baisser soudain la vue, et rentrer en moi-même :

Mais que je laisse aller d'ambitieux soupirs,

Un ridicule espoir, de criminels désirs!...

Je vous aime, Madame, et vous estime en reine;

Et, quand j'aurais des feux dignes de votre haine, 530

Si votre âme, sensible à ces indignes feux,

Se pouvait oublier jusqu'à souffrir mes vœux;

Si, par quelque malheur que je ne puis comprendre.

Du trône jusqu'à moi je la voyais descendre.

Commençant aussitôt à vous moins estimer, 535

Je cesserais sans doute aussi de vous aimer.

L'amour que j'ai pour vous est tout à votre gloire : Je ne vous prétends point pour fruit de ma victoire; Je combats vos amants, sans dessein d'acquérir Que l'heur d'en faire voir le plus digne, et mourir; 540 Et tiendrais mon destin assez digne d'envie. S'il le faisait connaître aux dépens de ma vie. Serait-ce à vos faveurs répondre pleinement Que hasarder ce choix à mon seul jugement? 11 vous doit un époux, à la Castille un maître : 545

Je puis en mal juger, je puis les mal connaître. Je sais qu'ainsi que moi le démon des combats Peut donner au moins digne et vous et vos Etats; Mais du moins, si le sort des armes journalières

536. Voilà Ijien une idce toute cor- que le génie des anciens, l'esprit, bon

nélienne. L'amour, tel que l'entend ou mauvais, qui préside à la destinée

Corneille, est l'ait d'estime, d'admira- de chaque individu, ou mcme d'un

tien; ciiacuny met plus de sa « gloire» État? « Ce démon de l'empire. » [Pul-

que de son c«-ur. chérie, 1002.)

538. Préleiidre était alors actif et S}'- Leur chef nous a paru le démon des combats.

nonyme de réclamer ambitionner: u 0((c (Toison, 3 V'».)

pouvez-vous méiendre-^ » (Cid, 1G05.) •^^^- Journalières, dont les succès va-

540. Sur heur, voyez la note du vers »''<^"' ^^'"'^ JO""" '' 1'^""'*' '■

522. Dans l'Epître dédicatoire de Don La euerrc &sl journalière el sa. vicissitude

ç,,„„i „ (■• •II . •. TVT Laisse tout avenir dedans 1 incerliludc.

.>a«c/te, (jorneille écrit : «Nous ne voyons ISoukoninbc 187)

autre chose dans les comédies que des .,, La fortune est souvent journalière'.

amants qui vont mourir s'ils ne possè- {Toison d'or, I, 2.)

dent ce (ju'ils aiment... » « Les armes sont yo(/rH«/jére5 » (Fénelon,

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