‹ DonatelloChapitre 31 sur 39 · I. Voir plus haut, p. I · texte numérisé non relu

I. Voir plus haut, p. I

n’avait pas soupçonné l’existence : le Laocoon, le Torse. 11 acheva de prendre en horreur le travail du portrait et ce monde des vivants d’où étaient sortis le Zuccone et le saint George lui-même : « Aborreva far somigliare il vivo. » 11 créa une humanité de plus en plus formidable et impossible, bâtie avec l’anatomie en dépit de la physiologie. L’esprit qu’il souffla dans ces corps de Titans, c’était son esprit à lui-même, sublime et malade. 11 travailla seul aux entreprises les plus gigantesques. Alors que Donatello, déjà vieux, avait achevé allègrement le cheval et l’autel de Padoue, avec l’aide de ses garzoni, Michel- Ange succombe parfois, malgré sa force surhumaine, aux tâches pour lesquelles il ne souffre pas de collaborateur, et nombre de ses colosses restent à l’état d’ébauche. Cependant, du haut de sa solitude, le terrible démiurge fascinait les artistes ; il les attirait vers des cimes où seul il pouvait respirer, les égarait loin de la vie et des hommes, et achevait de faire oublier à l’Italie l’enseignement que donnait et que donne toujours le réalisme épique de Donatello.

Page 1