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2i8 les MAITRES DE L’ART
reprendre le parallèle. Au moins savons-nous que Michel-Ange a pu recevoir quelque chose des traditions de Donatello par Bertoldo, avec lequel il travailla au milieu des antiques de Laurent de Médicis, Dans les bas-reliefs de sa jeunesse, qui sont restés à la « Casa Buonarroti », on voit côte à côte des imitations d’une bataille à l’antique de Bertoldo et d’une Madone de Donatello. Michel- Ange, encore jeune et en pleine gloire, s’est souvenu, comme on l’a vu, du petit tabernacle laissé par Donatello dans la basilique de Saint-Pierre, lorsqu’il a peint les enfants nus de la Chapelle SixtineL II a dû au vieux sculpteur florentin un peu de la grandeur et de la force, — la « ierrihilità », — qui manquait si complètement à son premier maître, Ghirlandaio. Cependant il faut reconnaître qu’entre Donatello et Michel-Ange, comme entre Giovanni Pisano et Donatello, le lien est fait bien plutôt par la parenté mystérieuse de deux génies que par une filiation régulière et historique.
Michel-Ange s’est bientôt affranchi des souvenirs de Donatello, comme des leçons de Ghirlandaio et des conseils de Bertoldo. Après avoir copié les antiques de Florence jusqu’à tromper les connaisseurs et avoir disséqué avec autant de persévérance que Pollajuolo, il vit sortir de la terre sacrée de Rome des marbres dont Donatello