IA CHAPELLE
neuf heures , on se rendit à l'office. Tous les frères se rangèrent sur les bancs disposés en amphithéâtre de chaque côté de la chapelle. Au fond, s'élevait l'autel , chargé de simples ornemens. Devant l'autel , en tête des deux rangs de religieux , était l'estrade des chantres , et l'énorme lutrin , où Ton fit monter l'étranger, qu'on mit à la place d'honneur. A l'autre bout de la chapelle , entre les deux portes d'entrée , se dressait le siège du prieur, qui s'y assit entre quatre acolytes. Il avait sur la tête une mitre de laine , sur les épaules une chape de la même étoffe , et à la main une crosse en ébène incrusté d'ivoire.
La messe déroula lentement et majestueusement toutes ses pompes divines. Les officiers de l'autel remplirent leurs fonctions sacrées avec la gravité la plus imposante. Le chant fut admirable de justesse, d'ensemble, d'expression, et entrecoupé de silences qui saisissaient l'ame (1). Enfin .arriva le moment solennel de l'élévation. Toutes les bouches se turent. Le sous-prieur, qui officiait, \iiï olfoqf.clo ih , onob flïli^ ^ .stunu
(1) Le chant des trappistes a toujours été renommé , et on cite encore aujourd'hui celui de la Meilleraye, comme une des plus belles choses qui se puissent entendre. ^îb Htf