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d'un bâton, celui-là d'une faulx, cet autre d'un arc ou d'une fronde. Il y en avait de tous les Alvs, depuis dix ans jusqu'à vingt , et de toutes les tailles, depuis trois pieds jusqu'à six.
lœ sire de La Motte et ses hôtes avaient à j>eine eu le temps de se lever pour reconnaître i es singuliers visiteurs . que ceux-ci étaient déjà réunis dans la cour et rangés en bataillon carré devant les portes de la salle. Cette attitude guerrière fut une révélation j>our le châtelain.
— C'est I armée de Bertrand ! s'écria-t-il. Le garnement se sera évadé, et il va nous livrer un assaut.
I ne exclamation géfténk de surprise, accompagnée des cris d'effroi de plusieurs dames et «les éclats de rire de quelques chevaliers, accueillit cette nouvelle, qui confirmait , avec un à-propos à la fois si terrible et si plaisant , tous les détails qu'on venait d'entendre.
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En effet , le seigneur Renault avait deviné parfaitement juste. Après aveu, moitié par force, moitié par ruse, enfermé son propre gardien dans
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sa prison, Bertrand s'était rendu au village. H avait convoqué à la hâte tous les vauriens formant son armée, comme on disait dans le pays , et il venait, à leur tête , reprendre d'assaut sa place à la table paternelle. nmi
Pour qu'on ne doutât pas de ses intentions , il parut bientôt lui-même en avant de sa troupe , et l'aspect du capitaine ne fut pas moins surprenant que celui de tous les soldats ensemble.
Vêtu d'un simple hoqueton de serge , dont il avait laissé une portion considérable aux mains de son précepteur dans l'acharnement de la lutte ou dans la précipitation de la fuite , il avait les pieds et les jambes nus. Un vieux heaume rouillé le coiffait lourdement jusqu'aux sourcils, et un tronçon d'épée, affilé sur une pierre, armait majestueuse-
ment sa main droite.
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L'effet de cet équipement était complété par la
taille courte et trapue , les larges épaules, lesjam-
Jbes torses , la grosse tête et les petits yeux étince-
îans, qui distinguaient le personnage.
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Aussi , les seigneurs les plus émerveillés et les
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damoisell - les plus tremblant'- no purent >'.-iiil»rr lier de rire, quand il s'avança jusque \ îs-ii— > i> la port»* delà salle, s appuya fièrement sur son tronçon dépée . et somma !<• sire de La Molle de l« receveur immédiatement au banquet d'où il avait été injustement exclu, s<>us peine de le voir s') installer de vive force. Uni on ffo'rrp i
L'alternative était claire: il fallait choisir entre la capitulation et lassaiifcMo* vA anoî ol> i
— Vous voyez si je nous trompais, njtffchpfcui s, dit le châtelain d'un< de qui trahissait une
indignation comvntrée.
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Puis, s'ap.-n .-vaiil que <- senlini'-nt était parpar bon nombre <l . il tu sjptfUMl plus empressas de le suivre, et il se dirigea vers la porte qui communiquait à la chambre où l<s gneurs avaient dépose'' leurs armes. Cette porte était fen Il courut aux autres : fer- - aussi ! 11 appela ses varlels : point de répoMkVt étaient prisonniers dans les oiStsrf, comme les conv ille. En habile stratégiste , Bertrand n'avait oublié aucune des mesures qui pouvaient lui assurer la victotaé^ meirA
Pendant qu'il suivait d'un œil triomphant les vaines démarches de son père, celui-ci regarda les chevaliers avec embarras ; les chevaliers se considérèrent entre eux avec surprise ; et, les uns prenant l'aventure au sérieux, les autres la trouvant extrêmement divertissante , on entendit d'une part un tonnerre de malédictions , et de -l'autre une explosion de rires, qui trouvèrent de joyeux échos dans la cour. çoldfiai>7iKx> Jifisgr/pl lifa mUkâ aufq aoa û \>noq £l hr/uo fi Jo <3ao9gfafbai I 9ibaio1 wk C'était en effet un plaisant spectacle que cette imposante réunion de hauts barons et de nobles dames, captifs dans cette salle, à la discrétion d'une troupe de vauriens, d'autant plus insolens
qu'ils étaient dix contre un et qu'ils avaient af- *aoa% p iup JrànmH iitel îxotenÀ —
taire a des ennemis sans armes, ol T soi'rrus \ X0o îiibysd sisyinl no s^qo'b no^noil
^ulfflinp') fi(clâJ^rf*i Cependant Bertrand avait réitéré sa sommation,
et, son père ayant , pour toute réponse , barré la
porte qui les séparait , l'intrépide capitaine allait
donner à ses soudards , non moins impatiens que
lui-même, le signal de l'assaut, lorsque la dame
de La Motte , craignant que ce semblant de combat
ne devînt, par l'emportement de son mari, un
combat véritable, supplia le châtelain d'y mettre
un terme en recevant Bertrand dans la salle.
300 tES MANÀNS.
Accorder cette demande, c'était céder a ! < i-neur Renault déclara qu'il se laisserait plutôt écharper par les manans , sauf à les faire pendre après. Mais, toutes les damoiselles joignant leurs sollicitations à « elles de sa femnu \aliers lui déclarant qu'il n'y aurait dans sa reddition qu'un pardon apparent qui ne reni|>ê< lierait |>oint d'intli^er plus tard au rel>elle une punitio plus sévère s'il lejugeail convenable, il prit le parti de feindre l'indulgence, et il ouvrit la porte à son lils. m JsîBo. no lici
11 était temps, car dix a> us se préparaient
à renfoncer avec une énorme poutre.
Au le i — Arrêtez! leur cria Bertrand, qui mit son
tronçon d'épée en travers devant eux : arrêtez! le
châtelain capitule!
La solennité de ce geste et de cette parole excita de nouveaux éclats de rire dans la salle , et rendit l'aventure amusante à ceux mêmes qui l'avaient trouvée d'abord le plus désagréable. Le sire de La Motte lui-même oublia un moment sa colère pour sourire avec tout le monde.
La capitulation , comme disait le jeune capitaine,.
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se fit dans toutes les règles de la guerre. Seulement , il fut convenu que la garnison n'évacuerait pas la place , et que les vainqueurs mangeraient f à la porte, les restes des vaincus.
Les conditions arrêtées de part et d'autre , Bertrand envoya un détachement lever les barricades de la salle et des cuisines , félicita laconiquement ses soldats , remit son tronçon d'épée dans un fourreau pratiqué à ses hauts-de-chausse , et entra triomphant dans la place.
Mais , au moment où la paix semblait parfaitement établie, un nouvel incident faillit rallumer la guerre.
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LA FROFHETESSE.