CHAPITRE XIV
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II y avait près d'une heure que le tournoi était ouvert et que les chevaliers rompaient des lances. De brillantes passes avaient eu lieu ; de nombreux tours de force et d'adresse avaient mérité les applaudissemens de la multitude et l'approbation des juges ; mais la plupart des champions qui avaient
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|miii en li< e s'étaient également distingués, d au-
< lin d Vu\ n'a\ait olilrnu defl SQOOëfi BSSeï <•< I.H.ins
pour mériter I»' prix.
La seule chose qui paru! déridée, « est que lei Kraneais I '«»iii|Mirtai«knl sur leurs ii\au\ d'\n lr terre et (TABemagne, el «pi«* les Bretons étaient h Bear des chevaliers flrinçais
On en étail là, lorsqu'un nouveau com lurent se présente aux barrière*. Son < heval . déjà rouvert
depOOSaière et désunir, témoigne de son impatienoe d «nt i «t en lice, bien que son armure, peu proportionnée ;i sa taille, semble lui donner du désavantage. Il ne porte ni écharpe^ pi «mileur; aucun serviteur ne l accompagne ei la lisière de son lirauinr «'si rntinvmriii ivlrx.v. Aux hnaulls
introducteurs q ni dm m m li ni ;« foir bob rieefeponr i assurer i il <^i chevalier on écuyer d«- noble mai-
viii . il jette i denri-voh un non qui 1rs surprend
ri Irur lait lancer un regard particulier vers le poini de I .in 'ne où sont les tenais d'armes.
kprèfrofetie laconique réponse, le chevalier r«— lève sa visière, franchi! la barrière qui stfuvre
devant lui el s'élance au trol dans la lice.
Un murmure détonnement et de curiosité l'accueille aussitôt.
— Quel est ce nouveau jouteur?
— D'où vient-il, et quelle raison lui fait cacher sa figure ?
— Pourquoi ne s'est-il pas montré plus tôt?
— C'est peut être un chevalier anglais ou allemand qui arrive à l'instant même.
— Justement , les pieds de son cheval sont encore tout poudreux.
— Ah ! nous allons voir si celui-là est aussi fort et aussi vaillant que nos gentilshommes !
Pendant ces colloques, celui qui en est l'objet fait deux fois le tour des limites , et va se placer en face des barrières , immobile sur son cheval , l'écu au bras , la lance en arrêt , attendant tranquillement un adversaire.
Au lieu d'un, il s'en présente dix; tant cette brusque entrée et cette attitude résolue ont soulevé ^ h. 23
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l'honneur national contre celui (|ii(»n croit m étranger !
Le sort décide de Fondre dans lequel jouteront
1rs <li\ :i«lvrrs;uivs. |';ir un singulier h:i>;ml . si\
d'entre eux font partie des seigneurs qui onl <!<•-
jeunë I»' malin I h« / le sire île Li Motte. Chacun prend >a place derrière les barrières, et le premier désigné s'avant e i \ H le châtelain de Guingarap.
Les deux rliani|iions se mesurent du regard et s'élanernt l'un contre l'autre. Le fer choque le in: des milliers d'étincelles jaiÉssenfl : mis lance \ oie en éclats dans l'arène... <t l«' cfalleiain désarmé er<lr la place à un autre, pendanl que son vainqueur retourne à la sienne, au adieu des spplaudisseinens delà foule.
Un second, un troisième et un quatrième champion subissent le sort du sire de Guingamp. Les applaudissemens redoublent dans l'amphithéâtre ; les juges du camp se récrient d'admiration , et les chevaliers bretons puisent dans leur dépit un nouveau courage.
Le baron de Tresiguedy paraît, impatient de venger ses frères d'armes. Sa force et sa vaillance sont connues de tout le monde , et ceux qui ont félicité l'inconnu commencent à trembler pour lui. Crainte vaine! A la seconde passe, le célèbre baron a son écu traversé par la lance de son rival , dont la pointe lui effleure le bras et l'atteint au défaut de la cuirasse. 11 chancelle sur les arçons , et ses écu y ers l'emportent sans connaissance. . .
Ce coup brillant et terrible fait succéder, parmi les assistans , les acclamations aux battemens de mains , et parmi les chevaliers, la stupeur à l'émulation. Trois d'entre les champions qui restent renoncent à une lutte qui ne peut qu'ajouter au triomphe de l'étranger (car on le désigne toujours ainsi). Les châtelains de Léon et de Carhaix sont les seuls qui osent croiser leur fer avec le sien.
Le premier tient le redoutable adversaire en échec pendant plusieurs minutes ; mais bientôt il essuie une charge si violente, que son arme et son écu vont joncher la terre, et qu'il est réduit à merci comme ses prédécesseurs.
Le sire de Carhaix s'avance entin, muni dune
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lance neuve, i n«»i ite sur un cheval <jui n'a pas couru encore, et animé par l< s m. iiragetnensd* toute l,i chevalerie du tournai donl il a Mioiuienr i \enger.
L'inconnu sent <|u il ne faut puisqu'un uVrnirr effort, mais un eflorl surhumain. Il «\.ii,-. ,lu geste et de la voix, i inontiu^e épuisée ; il rçspire puissamment sous >a i niiasseetson Uea.ume, |>ni> il court sus au châtelain. Trois i<»is les déni i <»m-
battans ébranlnil le >«.| du ehueeHïnvaluVuV I.
armures, trois fois ils reton^bem «'n srll«s'être çntani» s
Après un instant «!<• trêve, ils s'élancent avec une nouvelle rage: un nuage de poussière, où millr < < lairs se croisent , les dérobe quelque temps a t< »us les regards, et bientôt on en voit sortir Tinconnu triomphant, tandis que le sir. deCarhah roule avec son coursier sur l'arène (1).
(1) Si quelques uns de nos lecteurs , avant de connaître le joiitnu dont nous racontons les exploits, trouvent de l'exagération dans leur multiplicité, nous les renvoyons à tous les biftoj^m <l< l . p <ju» . Plusieurs portent jusqu'à quinze le nombre des champions mis ft merci par notre héros; et Guyard de Bertille assure qu'il saisit un des plus vigoureux parle bras et le porta ainsi tout autour de la lice, à YesmervcUtement universel.
 ce spectacle , les applaudissemens et les cris de la multitude vont jusqu'au délire. Mille voix proclament l'étranger vainqueur en demandant son nom , et les juges s'apprèlent à lui décerner le prix du tournoi... lorsqu'un des tenans quitte sa place et paraît en lice.
C'est le sire de La Motte. . .
Après avoir soutenu vaillamment l'honneur breton, au commencement des joutes % il veut le relever, à la fin, et il se sent le courage et la force de tenter une dernière épreuve contre l'invincible champion.
Il pousse droit à celui-ci, le bouclier tendu et la lance en arrêt. L'inconnu ne se fait point attendre ; mais en passant près du châtelain , au lieu d'attaquer, il pare avec habileté , puis abaisse respectueusement son arme.
Le sire de La Motte croit que son adversaire a voulu se donner du temps , et revient à la charge. Même manœuvre et même salut. Alors le châtelain , aussi vivement intrigué que tous les spectateurs , comprend qu'il faut opposer l'adresse à l'a^
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dresse, et, dans nue troisième passe, portant un coup inattendu à la mentonnière de son rival, an moment où celui-ci s "nu linaii <it> nouveau sans charger, il lait sauter ^<>n hetume »'t met ainsi ;i découvert ce \ isage qui s'était jusqu'alors lent ché avec tant de soin et que tout l< monde était si impatient de connaître..*
limnififtl la lance lui i<»ml>e des mains . il m jette en arrière avec une t. II.- surprisé qu'A ùian que de perdre les arçons, <t un cri s'ëdiappede ses lèvres :
— Mon lils!
— Bertrand ! répètent lessèpt chevaliers vaincus.
lli l<* n<»m de Bertrand, reçu avec acclamation
par ceux qui le connaissent , comme par ceux qui l'ignorent, vole de bouche en bouche et lait le tour de l'amphithéâtre. Les chevaliers, heureux de retrouver un Breton dans celui qu'ils avaient pus pour un étranger, l'applaudissent avec une joie d'autant plus unanime. Ceux des assistans qui i <•connaissent le pauvre cavalier qu'ils avaient accueilli de leurs quolibets, le vengent d'eux-mêmes
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en le félicitant plus que tous les autres; et les daines , ne voyant à cette ligure si peu séduisante que l'auréole de gloire dont leur imagination l'entoure , battent des mains au jeune vainqueur et balancent leurs écharpes sur son passage.
Cependant un tableau non moins intéressant s'offre aux yeux dans la lice même. Les deux jouteurs sont descendus de cheval ; le père enivré serre convulsivement son fils sur son cœur, et l'arrose de larmes de joie et de tendresse. Il reconnaît que la religieuse ne s'est pas trompée ; que Bertrand le vaurien deviendra Bertrand le héros ; il le prend dans ses bras , le montre de loin à sa famille attendrie et le porte plutôt qu'il ne l'amène devant l'estrade des juges, au pied du trône de Charles de Blois.
Le duc saisit la main du jeune vainqueur, V embrasse y l'appelle son cousin et le présente à Jeanne de Penthièvre , qui le baise sur les deux joues , comme une vaillante dame; puis elle lui remet elle-même le riche diamant , prix du tournoi , et le chapelet d'honneur dont il doit faire hommage à la jeune fille qu'il nommera Reine de la Beauté et des Amours.
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A Ttataafl nèrae, Bertrand itaranot rers mi
I m >in t depuis l<)iiu-l<'iii|>s remarque par lui dans I ainphiïhtàli < . lu\<Tsr la preOSC uaii s nii\ i v a\<< llll empressement r.-N|,rrlih'U\. ri . s, « llhltailt ;i deux gein»u\ . ptttt !•• I liaprlel M «nu ifa |g da-
moiselle de Lmderneau.
Jr lins i.-ilir . dit -il. |;i illle dll s.-i^lirur <|||l
m .1 r.ni efaevatfet;
l.t . : 1 1 1 bruit ^68 lui! il - -ih i i h r. s ,| «|,s a<cl;uii.:li"i's de la multitude , les li«i;nills |.nrlmi en triomphe autnurdrs HèèS lé \ain.pinir <Ui tmirnoiet la Rein»' «I»' la Iteautr et «1rs \mours.
Lesoirdere jour, Bertrand fut IVtr M raressé au manoir de La Motte, autant <|ii*il j a\;iit été naguère cbâtir et maudit : rt sa première iirtion . le lendemain , l'ut d'envtyttf lti diamant « ompiis par son murage à la bonne irli^inisr. dont il jttStifia bientôt toutes les prédiet ions en devenant le connétable BERTRAND DIGUESCLIY