DES ARMES
gentilhomme , il attendait sa réponse avec anxiété.
Le chevalier , surpris, le considérait en silence.
— Pour une heure ! Messire ! pour une heure ! répéta le jeune homme en embrassant les genoux du seigneur de Landerneau.
— Que feras-tu de mes armes , mon ami ? dit enfin ce dernier, dont la surprise commençait à se changer en attendrissement.
— Je me vengerai! s'écria Bertrand d'une telle force, que le chevalier ne put s'empêcher de reculer de deux pas avec une sorte d'effroi...
— De qui te vengeras-tu ?
— De tout le monde !
— Et comment?
— Vous verrez ! — Mais le temps s'écoule et il n'y a pas une minute à perdre. Messire , au nom de votre amitié pour mon père! Au nom de celle que vous m'avez témoignée ce matin ! cédez-moi pour une heure votre cheval et vos armes ! Vos armes , Messire, et je suis h vous pour la vie! Vos armes...
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En parlant ainsi, Bertrand sanglottait et letritnait ;m\ pieds du gentilhomme.
Tout à coup, en relevant les yeux, il vit demi grosses larmes rouler sur les joues du sire de Lan-
«Irrneau.
— Ali ! vous voulez bien? dit-il a\.-« un éclat de joie folle. Merci! merci !
Kt il sauta au cou du bon chevalier qui le serra étroitement sur sa poitrine.
Lesirede Landern m avait nunpris Bertrand, el s'était souvenu de la prophétie de la religieuse...